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Emplois: le gouvernement Marois mise sur les subventions et les crédits d'impôt

07/10/2013 01:58 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le gouvernement Marois mise sur la vente à rabais des surplus d'électricité, les crédits d'impôt ainsi que les subventions afin de relancer l'économie du Québec, qui a montré des signes d'essoufflement au cours de la dernière année.

La politique «Priorité emploi», dévoilée lundi, à Montréal, qui vise la création de 43 000 emplois et 13 milliards $ en investissements privés d'ici 2017, est accompagnée d'incitatifs financiers de 2 milliards $.

Le gouvernement, qui s'est défendu de paver la voie à une élection automnale avec cette politique, estime qu'en comptabilisant ces 43 000 emplois et ceux dont la création était déjà prévue, ce sont 115 000 nouveaux emplois qui s'ajouteront au cours des trois prochaines années.

L'initiative péquiste intègre quatre grands axes, soit la Politique nationale de la recherche et de l'innovation, la Politique industrielle québécoise, le Plan de développement du commerce extérieur et la Stratégie d'électrification des transports.

Alors que les revenus de l'État progressent moins rapidement que prévu, la première ministre Pauline Marois estime que la mesure va pouvoir rapidement contribuer à corriger la situation.

«Dès l'année prochaine, nous prévoyons une rentrée de 130 millions $, qui grimpe à 206 l'année suivante, a-t-elle dit. Sur quatre ans, c'est de l'ordre de 663 millions $ en rentrées fiscales.»

Ce sont les entreprises, grandes comme petites, qui vont recevoir la plus grande part du gâteau, alors que près de 709 millions $ en crédits d'impôt leur seront accordés.

Un crédit d'impôt destiné aux PME manufacturières est élargi, ce qui pourrait profiter à 4000 d'entre elles, notamment pour la modernisation ainsi que l'achat d'équipements.

Québec prévoit également que le quart des nouveaux emplois créés devraient découler du tarif préférentiel d'électricité qui sera accordé aux entreprises en raison des surplus d'Hydro-Québec, qui ne cessent de s'accumuler.

En s'engageant à investir au Québec, les entreprises pourront ainsi bénéficier d'un tarif réduit garanti pour 10 ans.

Cinquante TWh, l'équivalent d'une fois et demie la consommation d'électricité annuelle de l'île de Montréal, sont rendus disponibles. La société d'État estime que des surplus d'hydroélectricité seront disponibles jusqu'en 2027.

Cette mesure, selon Québec, devrait générer des investissements de 1,6 milliard $ à court terme et de 4 milliards $ par la suite.

Même si Hydro-Québec demande des hausses de ses tarifs pour les consommateurs, la première ministre Marois a défendu ces tarifs préférentiels destinés aux entreprises.

«La mission d'Hydro-Québec, c'est d'être un acteur du développement économique du Québec, a-t-elle dit. Elle a des surplus dont nous pouvons nous servir à notre avantage.»

La formation de la main-d'oeuvre est également une priorité, puisque le secteur reçoit 508 millions $.

Ultimement, Québec voudrait faire en sorte que les investissements en recherche et développement y soient supérieurs à trois pour cent du produit intérieur brut (PIB) de la province. En 2010, ces investissements représentaient 2,41 pour cent.

Le gouvernement péquiste, qui présente l'électrification des transports comme un secteur prometteur pour l'avenir économique de la province, y injectera plus de 516 millions $ sur trois ans pour mettre sur pied cette filière industrielle.

La réalisation de grands projets, comme le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, recevra 244 millions $, alors que 221 millions $ serviront à stimuler des projets d'envergure de cette filière industrielle.

Un projet plus ambitieux, soit un projet de monorail à grande vitesse, sera également étudié, même si la première ministre n'a pas fourni de détails sur cet aspect de sa politique lorsqu'elle a été questionnée.

De plus, Mme Marois n'a pas voulu dire si son gouvernement avait l'intention d'accorder de généreux incitatifs financiers, comme pour l'industrie des jeux vidéo, afin de stimuler la mise sur pied du secteur de l'électrification des transports.

Plus concrètement, quelque 3500 nouveaux travailleurs devraient bientôt pouvoir intégrer le marché de l'emploi puisque 565 millions $ seront injectés afin d'accélérer la rénovation et la modernisation des écoles, des infrastructures communautaires de sport et de loisir.

Québec a également gardé une mesure pour les ménages, qui pourront bénéficier d'un crédit d'impôt d'un an de 20 pour cent pour la rénovation verte. Cette mesure pourrait permettre à certaines familles d'économiser jusqu'à 10 000 $ pour des projets de rénovation.

En dévoilant sa politique «Priorité emploi», Québec voulait agir pour stimuler la croissance, qui tarde à reprendre à plusieurs endroits dans le monde, a expliqué le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

«On s'attendait à une reprise plus forte à la fin de 2013, mais nous sommes forcés d'admettre que ça ne reprend pas tout à fait», a-t-il dit en dévoilant la politique.

«Nos entreprises n'investissent pas autant que nous le voulons, a ajouté M. Marceau. On pense qu'il était important d'agir vite.»

Le gouvernement Marois semble avoir des mesures pour la quasi-totalité des secteurs pour tenter de relancer l'économie.

Une mesure vise à faire passer le niveau des exportations de 46 à 55 pour cent du PIB. D'autres concernent le développement du Nord du Québec, la foresterie ainsi que le tourisme.

Le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti ainsi que dans le golfe du Saint-Laurent est également abordé, mais on indique que ces possibilités seront évaluées plus précisément dans le futur, tout comme les projets de pipeline d'Enbridge et de TransCanada.

La politique économique du gouvernement Marois est dévoilée alors que les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont souvent critiqué son bilan en matière d'emplois et de développement économique.

Depuis le début de 2013, quelque 45 000 emplois ont notamment été perdus au Québec.

De plus, le PIB de la province s'est contracté de 0,7 pour cent au deuxième trimestre. Au trimestre précédent, l'économie québécoise n'avait progressé que de 0,3 pour cent.

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