NOUVELLES

Destruction des armes chimiques: la coopération du régime syrien saluée

07/10/2013 02:39 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST
dr

DAMAS - Les experts internationaux et les États-Unis se sont félicités lundi de la coopération du régime syrien au lendemain du début de la destruction de l'arsenal chimique du régime.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devrait adresser lundi un rapport au Conseil de sécurité détaillant la logistique de ce qui est considéré comme la plus importante et la plus dangereuse opération du genre compte tenu du conflit en cours en Syrie.

Au début dimanche du démantèlement des armes prohibées les experts ont supervisé la destruction par des personnels syriens des premières têtes de missiles, de bombes et d'équipements visant à fabriquer des armes chimiques.

La mission conjointe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l'ONU intervient en application d'une résolution des Nations unies votée après une attaque chimique particulièrement meurtrière le 21 août près de Damas, après laquelle Washington avait menacé le régime d'une frappe militaire.

Ces experts ont pour mission de détruire un arsenal estimé à mille tonnes, dont des centaines de gaz moutarde ou encore de gaz sarin, réparties dans des dizaines de sites, le tout dans un pays en guerre, une première pour une mission de désarmement chimique.

«Un temps record»

Arrivés le 1er octobre en Syrie, ils s'emploient aussi à "surveiller, vérifier et rapporter" la concordance des informations fournies par le gouvernement syrien avec la situation réelle, selon l'ONU.

Dans un communiqué publié sur le site de l'organisation à La Haye, l'OIAC s'est félicitée de la "coopération" des autorités syriennes dans le démantèlement de l'arsenal chimique.

Les experts ont eu des discussions "constructives" avec le pouvoir sur la liste des sites d'armes chimiques remise à l'OIAC.

Cette première opération de destruction de l'arsenal chimique syrien a également été saluée lundi par le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

"Le processus a démarré en un temps record et nous en sommes reconnaissants à la Russie, pour sa coopération, mais bien entendu aussi envers la Syrie, pour son consentement", a-t-il dit après un entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov sur l'île indonésienne de Bali.

"Je pense qu'il est extrêmement significatif que hier, dimanche, une semaine après l'adoption de la résolution, des armes chimiques ont été détruites. Je pense que c'est à mettre au crédit du régime de Damas, franchement", a-t-il ajouté.

Le président syrien Bachar al-Assad s'est engagé à faciliter le travail des experts, après le vote le 27 septembre de la résolution 2118, la première votée sur le conflit syrien, grâce à un accord russo-américain prévoyant le désarmement chimique du pays d'ici mi-2014.

"Les experts pourront se rendre sur tous les sites. Ils récupéreront toutes nos données, les vérifieront, et ensuite ils pourront juger de notre crédibilité", a dit M. Assad au Der Spiegel.

Conférence de paix

Sur le terrain, les rebelles ont lancé lundi un assaut contre deux bases militaires stratégiques dans le nord-ouest du pays, tuant 10 soldats et détruisant trois chars.

L'attaque baptisée "le séisme" a été lancée contre les bases de Wadi Deif et d'Hamidiyé, dans la province d'Idleb, que les insurgés assiègent depuis près d'un an, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les hélicoptères du régime de Bachar al-Assad "lancent de leur côté des barils explosifs sur les positions des rebelles aux environs des deux bases", a précisé cette ONG.

Alors que les protagonistes sont déterminés à se battre jusqu'au bout et que les efforts pour les réunir ont échoué jusque-là, la communauté internationale tente encore de réunir une conférence de paix pour mettre fin au conflit, déclenché en mars 2011, qui a fait plus de 115 000 morts selon l'OSDH et poussé à la fuite des millions de personnes.

M. Lavrov, dont le pays soutient le régime syrien, a déclaré à Bali que la Russie et les Etats-Unis souhaitaient convoquer à la mi-novembre la conférence de paix, dite Genève 2.

"Nous nous sommes mis d'accord sur des mesures à prendre pour que le gouvernement et l'opposition (syriens) participent à cette conférence", a-t-il poursuivi.

M. Kerry a indiqué que lui-même et M. Lavrov étaient "d'accord pour dire que la solution n'est pas militaire" en Syrie.

Le régime exclut que cette conférence puisse aboutir à un départ de M. Assad, alors que l'opposition exige qu'il soit écarté de toute transition politique.

À LIRE AUSSI

Plus de quatre autres millions de Syriens fuiront la guerre en 2014

Les armes artisanales des rebelles en Syrie

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.