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Des attaques font au moins neuf morts en Égypte

07/10/2013 09:57 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Une série d'attaques ont fait neuf morts parmi les forces de l'ordre en Égypte, lundi, en plus d'avoir frappé le principal poste de communication satellite du pays.

Ces violences pourraient être une offensive d'extrémistes islamistes au lendemain de la mort de plus de 50 partisans du président déchu Mohammed Morsi, tués dans des affrontements avec la police.

De telles attaques viennent également brouiller les frontières entre le mouvement des manifestants islamistes et une insurrection largement confinée, jusqu'à maintenant, à la région du Sinaï, dans le nord de l'Égypte.

Le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a ainsi imputé la flambée de violences à des mesures de représailles face à la répression du gouvernement contre les manifestations, dimanche.

«Nous sommes en guerre contre eux. C'est une tentative de prouver qu'ils sont encore actifs sur le terrain et ne sont pas brisés», a-t-il soutenu à l'Associated Press, sans toutefois préciser quels groupes pouvaient être responsables de ces attaques.

Les autorités accusent les partisans de l'ex-président Morsi de tenter de semer le chaos dans le pays pour discréditer le gouvernement.

Lundi, six soldats ont été tués près du canal de Suez, à l'est du Caire, par des hommes armés et masqués qui prenaient place dans une voiture.

Un peu plus tôt, trois policiers avaient été fauchés par l'explosion d'une voiture piégée conduite par un kamikaze dans le sud du Sinaï. Au moins 55 autres personnes ont été blessées lors de cet attentat, qui visait les services de sécurité.

Des attentats ont lieu à presque tous les jours dans cette région de l'Égypte, et la situation n'a fait que s'aggraver depuis l'expulsion, le 3 juillet, du président Morsi. Selon le ministre Ibrahim, les opérations militaires pour contrer l'insurrection dans le nord de la péninsule du Sinaï ont repoussé les militants jusque dans le sud de la région.

Deux roquettes ont également frappé l'enceinte de la principale station de satellites, dans une banlieue au sud du Caire. L'une des gigantesques soucoupes a subi des dommages mineurs. Il s'agit par ailleurs d'une première frappe contre une infrastructure civile au coeur du Caire.

Dimanche, des dizaines de personnes avaient été tuées quand les célébrations commémorant le début de la guerre de 1973 ont tourné à la violence.

Par ailleurs, un comité de magistrats a recommandé la dissolution du parti politique des Frères musulmans, Liberté et Justice, qui avait été créé dans les mois suivants la chute, en 2011, du raïs égyptien Hosni Moubarak. Ces recommandations seront présentées à une cour du Caire le 19 octobre lors d'une audience sur le sujet.

Un autre tribunal avait déjà ordonné l'interdiction des activités des Frères musulmans et le gel de ses actifs. Cette décision, contestée par divers groupes, est actuellement révisée par un conseil nommé par le gouvernement.

Au moins 2000 membres et leaders de l'organisation ont été arrêtés jusqu'à présent, dont l'ex-président Morsi.

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