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Airbus brise des décennies de monopole Boeing en décrochant une commande auprès de Japan Airlines

07/10/2013 06:28 EDT | Actualisé 07/10/2013 06:29 EDT
AP
Airbus Japan Chief Executive Fabrice Bregier, left, and Japan Airlines President Yoshiharu Ueki, right, attend a press conference in Tokyo, Monday, Oct. 7, 2013. Japan Airlines is buying its first ever jets from Airbus in a deal with a catalog value of 950 billion yen ($9.5 billion) with a purchase of 31 A350 planes. (AP Photo/Junji Kurokawa)

L'avionneur européen Airbus a remporté lundi une grande victoire au Japon en décrochant la première commande jamais reçue de la part de la compagnie Japan Airlines (JAL), chasse gardée depuis des décennies du rival américain Boeing.

Avec un contrat portant sur 31 avions A350 au prix catalogue de 9,5 milliards de dollars et 25 supplémentaires en option, la groupe de Toulouse brise le monopole de facto dont jouissait son concurrent aidé par les liens historiques de plus d'un demi-siècle entre le Japon et les Etats-Unis.

L'investissement est important pour JAL, compagnie rescapée de la faillite grâce au secours de l'Etat japonais après son dépôt de bilan début 2010. Le prix catalogue est cependant toujours bien plus élevé que celui réellement consenti aux compagnies en fonction des conditions des commandes.

"Nous allons utiliser l'A350 XWB au maximum, ce qui doit permettre un niveau élevé d'efficacité opérationnelle et une meilleure compétitivité de nos offres, tout en répondant aux nouvelles possibilités consécutives à l'augmentation des créneaux de vol dans les aéroports de Tokyo", a déclaré Yoshiharu Ueki, président de Japan Airlines.

La commande, ferme, se décompose en 18 A350-900, le premier modèle du nouvel appareil qui doit sortir des chaînes d'assemblage fin 2014, et 13 A350-1000, version allongée, ont précisé les deux firmes dans un communiqué et lors d'une conférence de presse en présence du PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, et de son homologue de JAL.

Airbus n'avait encore jamais réussi une percée importante auprès des deux grandes compagnies nippones, JAL et ANA, et la part de marché de cette firme du groupe EADS ne dépassait pas jusqu'à présent 10%. Il avait bien eu quelques appareils vendus à All Nippon Airways (ANA) et d'autres à Japan Air System (JAS) avant sa fusion avec JAL, mais jamais cette dernière n'avait encore franchi le Rubicon.

Même si les récents problèmes des Boeing 787 cloués au sol ne sauraient justifier à eux seuls l'intérêt nouveau de JAL pour les A350, la compagnie s'est apparemment laissée convaincre de réduire les risques en diversifiant sa flotte, comme le font la plupart des autres grands transporteurs aériens mondiaux. JAL a commandé au total 45 Boeing 787, dont les premiers exemplaires lui ont été livrés depuis un peu moins de deux ans, avec plus de trois années de retard sur le calendrier initial.

Entre-temps, le fait que la filiale Airbus Japan ait pendant plusieurs années été dirigée par Glen Fukushima, un Américain (qui plus est ancien président de la Chambre de commerce des Etats-Unis au Japon), n'a sans doute pas facilité la compréhension qu'avaient les Japonais des capacités et de l'envergure d'Airbus, même si le groupe européen fait jeu égal voire dépasse Boeing au niveau mondial.

Si bien que lorsque M. Fukushima fut remplacé en juillet 2010 par le Français nippophone Stéphane Ginoux, auréolé au Japon de la vente de nombreux hélicoptères Eurocopter, firme du groupe EADS dont il dirige aussi la filiale dans l'archipel, les discussions s'accentuèrent sur de nouvelles bases plus lisibles.

Puis, quand il a pris la tête d'Airbus à l'été 2012, Fabrice Brégier a lui aussi fait de cette négociation une priorité, souligne-t-on au siège de la société à Toulouse.

Alors que des rumeurs circulaient dans la presse depuis plusieurs mois, Airbus Japan a toujours voulu prudence garder. Car aux dires de protagonistes, ce ne fut pas une mince affaire: "les Américains ont mis le paquet pour tenter de dissuader JAL", assure une source au fait de ces négociations.

Le contrat finalement conclu lundi avec JAL porte à 756 les commandes totales pour l'A350, un bi-réacteur en matériaux composites qui s'attaquera au marché des long-courriers 777 et du 787 de Boeing, un appareil qui a été commandé non seulement par JAL mais aussi par ANA qui en fut la compagnie de lancement et devrait à terme en détenir 66.

La victoire est d'autant plus agréable à savourer pour Airbus que le 787 de Boeing est au tiers produit au Japon, ce que ne manque pas de rappeler régulièrement l'avionneur américain par de pleines pages de publicité dans la presse nippone.

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