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Énergie: la Malaisie investit 36 milliards au Canada (VIDÉO)

06/10/2013 07:01 EDT | Actualisé 06/12/2013 05:12 EST

Le premier ministre Stephen Harper a quitté la Malaisie dimanche après avoir conclu une entente majeure impliquant un investissement malaisien de 36 milliards de dollars dans le secteur de l'énergie au Canada.

L'annonce a été faite à Kuala Lumpur par le premier ministre malaisien Mohd Najid qui recevait dimanche son homologue canadien.

La compagnie pétrolière Petronas, détenue par le gouvernement malaisien, investira 36 milliards dans un projet de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique, incluant un pipeline et des terminaux.

Cette décision survient après que le géant malaisien ait acquis l'entreprise albertaine Progress Energy l'an dernier pour plus de cinq milliards de dollars. Le gouvernement Harper avait approuvé l'entente mais avait également adopté, dans le même temps, de nouvelles règles ne permettant le rachat d'entreprises canadiennes par des sociétés d'État que sous certaines conditions exceptionnelles.

L'instauration de ces politiques avait jeté un froid sur les relations entre Ottawa et les investisseurs étrangers, et certains analystes avaient remis en question ce changement de cap, craignant que cela ne rebute pour de bon des investisseurs dont le Canada a pourtant bien besoin.

M. Najib s'est porté à la défense du premier ministre Harper, dimanche, assurant que la promesse d'investissements de Petronas au Canada constituait un « gage du niveau de confiance que la Malaisie porte dans le gouvernement canadien ».

M. Harper s'est montré plus réservé. « Nous voyons d'un oeil très positif les investissements de Petronas et selon les indications que j'ai, Petronas songe à d'autres investissements », a-t-il mentionné.

En juin, des représentants de la Colombie-Britannique avaient annoncé un investissement de Petronas de l'ordre de 19 milliards de dollars pour une centrale de gaz naturel liquéfié. Il n'était toutefois pas encore clair, dimanche, à quelles fins étaient destinés ces fonds supplémentaires.

Le Canada et la Malaisie ont également signé un protocole d'entente qui devrait permettre de rehausser la coopération en matière de sécurité entre les deux pays. L'accord aidera à contrer les menaces que constituent le terrorisme, le passage de clandestins et le crime organisé. Avec ses allures de métropole occidentale, la capitale Kuala Lumpur est une destination importante pour le passage d'immigrants clandestins. La Malaisie est aussi un pays de transit vers d'autres destinations, comme le Canada.

Une autre entente sur le transport aérien et une déclaration d'intention dans le but de conclure une nouvelle convention fiscale avec la Malaisie ont aussi été confirmées.

Ces deux dernières ententes apparaissent sur le site Internet du premier ministre, mais pas l'annonce de l'investissement de Petronas.

Croissance asiatique

Stephen Harper était surtout en Malaisie pour parler affaires. Le potentiel de croissance est énorme dans ce pays, notamment dans le secteur énergétique.

Plusieurs dirigeants d'entreprises canadiennes, qui sont installées dans la région, étaient d'ailleurs à Kuala Lumpur en fin de semaine.

« La croissance ici, en Asie, va être au moins le double du reste du monde, j'estime pendant les 10 prochaines années », croit Marc Parent, PDG de CAE, une entreprise établie dans la région de Montréal et spécialisée dans les simulateurs de vol pour la formation des pilotes d'avion.

Certains estiment toutefois que le Canada a aussi un rôle moral à jouer. « Les pays asiatiques ont fait de grands progrès économiques et sociaux, mais ils n'en ont pas fait autant pour les droits civiques et politiques », affirme Yuen Pau Woo, le président de la Fondation Asie Pacifique du Canada.

C'était la première fois en 17 ans qu'un premier ministre canadien visitait la Malaisie. Stephen Harper participera ensuite au sommet de l'APEC à Bali, en Indonésie.

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