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Des affrontements entre des pro-Morsi et la police font 51 morts en Égypte

06/10/2013 01:13 EDT | Actualisé 06/12/2013 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Les forces de sécurité et des manifestants islamistes se sont affrontés, dimanche en Égypte, faisant 51 morts, alors qu'une fête nationale célébrant l'armée a tourné au chaos. Des foules provenant des deux camps opposés — les partisans du président islamiste déchu Mohammed Morsi et ceux appuyant l'armée qui l'a renversé — sont descendues dans la rue et en sont venus aux coups.

Le ministère de la Santé a fait état d'au moins 40 victimes au Caire, sans compter plus de 240 blessés. Le ministère de l'Intérieur, qui est en charge de la police, a mentionné que 423 partisans de M. Morsi avaient été arrêtés à travers le pays.

Plusieurs quartiers du Caire, la capitale, ressemblaient à des zones de combat après des batailles ayant fait rage pendant des heures dans les rues. Des partisans de M. Morsi ont ouvert le feu et lancé des engins incendiaires contre la police, qui a riposté avec des balles réelles et des gaz lacrymogènes. Les rues étaient couvertes de débris, et l'air était rempli de volutes de gaz lacrymogène et de fumée émanant des feux toujours allumés.

Un photographe de l'Associated Press a vu neuf corps reposant sur le plancher d'une clinique dans le quartier cairote de Dokki, où ont eu lieu certains des pires affrontements. La plupart des corps comportaient des blessures par balle à la tête ou au torse.

Le bilan de 51 victimes de dimanche est le total quotidien le plus élevé depuis le 14 août, lorsque des forces de sécurité ont lancé un assaut contre deux camps de manifestants pro-Morsi, tuant des centaines de personnes.

Alors même que les combats se poursuivaient dans les rues, l'armée est allée de l'avant avec les vastes célébrations pour l'anniversaire marquant les 40 ans du début de la guerre de 1973 avec Israël.

En soirée, un concert organisé dans un stade du Caire géré par l'armée a été présenté en direct sur les ondes de la télévision militaire, concert auquel participaient des vedettes égyptiennes, libanaises et du Golfe. Le chef de l'armée, le général Abdel-Fattah el-Sissi, d'autres hauts dirigeants et le président intérimaire Adly Mansour ont assisté au spectacle.

Les célébrations de dimanche étaient également une opportunité, pour les leaders égyptiens, d'alimenter encore davantage la ferveur pro-militaire en vigueur au pays depuis le coup d'État, alors que les Frères musulmans et leurs alliés islamistes tentaient de démontrer qu'ils étaient capables de survivre aux opérations de sécurité lancées contre eux.

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