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Audiences sur l'inversion du flux de pétrole de la ligne 9: Enbridge se dit prêt

06/10/2013 12:20 EDT | Actualisé 06/12/2013 05:12 EST

TORONTO - Bien qu'elle ait été l'un des oléoducs les plus utilisés au Canada au cours des quarante dernières années, la ligne 9, plutôt méconnue du grand public, risque de se retrouver au centre de l'attention médiatique à la veille d'un bras de fer entre les écologistes et la société pétrolière Enbridge (TSX:ENB).

La société pétrolière, basée à Calgary, tente d'obtenir le feu vert des autorités pour inverser le flux de l'oléoduc, qui transporte actuellement du brut entre le sud de l'Ontario et Montréal. L'Office national de l'énergie entendra les diverses parties plus tard en octobre à l'occasion d'audiences à Montréal et Toronto.

Les opposants au projet d'Enbridge craignent que l'entreprise ne se serve de l'oléoduc aux infrastructures vieillissantes pour transporter un brut plus lourd et, selon eux, plus corrosif, ce qui augmenterait les chances d'une rupture.

Enbridge, qui s'affaire toujours à nettoyer les dégâts du bris de l'un de ses oléoducs au Michigan en 2010, soutient de son côté que beaucoup de fausses informations sont véhiculées dans ce dossier et assure que la sécurité figure au sommet de ses priorités.

Le corridor de la ligne 9, qui fait 831 kilomètres, est sous la surveillance constante d'un centre à Edmonton et les valves peuvent être fermées en l'espace de dix minutes si nécessaire, selon Enbridge.

«Si un bris survient, nous devons être en mesure d'y répondre mais nous ne concentrons pas nos efforts dans la prévision d'une fuite. Nous nous efforçons surtout de faire en sorte que les opérations et la maintenance soient faites de telle sorte que cela n'arrivera tout simplement pas», a souligné le vice-président d'Enbridge aux projets majeurs, Dave Lawson.

L'oléoduc avait, à l'origine, transporté du pétrole entre les villes de Sarnia, en Ontario, et Montréal, mais son flux a été inversé à la fin des années 1990 pour répondre à la demande du marché. Le brut importé avait alors été acheminé jusque dans l'ouest. Enbridge propose cette fois-ci d'inverser le flux du pétrole vers l'est pour approvisionner les raffineries de l'Ontario et du Québec.

La société pétrolière prévoit également faire passer le nombre de barils acheminés chaque jour de 240 000 à 300 000 mais indique que cela n'augmentera pas la pression sur l'oléoduc.

«L'ampleur de notre inversion est, tout compte fait, très modeste», a mentionné M. Lawson.

Par ailleurs, l'autorisation a déjà été accordée en août à l'inversion d'un tronçon de la ligne 9, entre les villes ontariennes de Sarnia et North Westover, à environ 30 kilomètres au nord-ouest de Hamilton.

Enbridge insiste notamment pour dire que l'oléoduc ne transportera pas de produits de sables bitumineux bruts, bien qu'il servira au transport d'un mélange de pétrole léger et de bitume traité.

«Tout cela est lié de très près à la capacité des raffineries. En ce moment, elles ne peuvent traiter qu'une petite quantité de brut lourd, et il leur faudrait investir considérablement dans leurs infrastructures pour en recevoir un volume plus élevé», a souligné M. Lawson.

Les écologistes craignent tout de même la répétition du désastre s'étant produit au Michigan en 2010, alors que la rupture d'un oléoduc d'Enbridge avait déversé 20 000 barils de brut dans la rivière Kalamazoo.

«Cet oléoduc (de la ligne 9) est pratiquement identique en terme de conception et d'âge à celui qui s'est déversé dans la Kalamazoo», a prévenu un dirigeant d'Environmental Defence, Adam Scott. L'organisation écologiste fait partie d'un regroupement opposé au projet d'Enbridge.

«Si la ligne 9 est inversée, il y aura une pression énorme pour que l'inversion de l'oléoduc entre Portland et Montréal, le Trailbreaker, se fasse également», a également déploré M. Scott.

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