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Mobilisation internationale pour la libération des « 30 de Greenpeace »

05/10/2013 04:39 EDT | Actualisé 04/12/2013 05:12 EST

L'appel à la mobilisation pour réclamer la libération des militants de Greenpeace emprisonnés en Russie a reçu une vaste réponse de partout dans le monde. Des manifestations ont eu lieu dans près de 50 pays, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'en Europe, de même qu'au Canada et aux États-Unis.

Des rassemblements ont lieu à Montréal et à Toronto samedi soir, ainsi qu'à Port Colborne en Ontario, et à Wolfsville, en Nouvelle-Écosse.

À Montréal, Greenpeace utilise l'installation multimédia « Mégaphone », située sur la rue Ontario devant le pavillon Président-Kennedy de l'UQAM, pour manifester la solidarité des participants envers les membres d'équipage de l'Arctic Sunrise. La vague de sympathie y a rassemblé une cinquantaine de personnes, dont les parents d'Alexandre Paul, un Québécois qui est au nombre des détenus.

Raymond et Nicole Paul souhaitent revoir leur fils le plus vite possible. Ils sont inquiets pour lui, qui a été arrêté à la pointe du fusil.

« Quand j'ai vu ça, c'est là que j'ai commencé à paniquer », a confié Nicole Paul, la mère d'Alexandre. « Il est traité comme un terroriste dans le fond. [...] Ça a pris des proportions qu'on n'attendait pas. »

Ils n'ont pas eu de contact avec leur fils depuis. Alexandre Paul, 35 ans, et tous les autres militants sont inculpés d'actes de piraterie. Ils risquent jusqu'à 15 ans de prison.

Dans un communiqué de presse, Greenpeace rapporte que, selon l'article 227 du Code criminel russe, « la piraterie se définit comme une attaque sur un navire qui se trouve en mer ou sur un fleuve, dans le but de s'approprier des biens d'autrui, perpétrée avec violence ou se servant d'une menace d'avoir recours à la violence ». L'organisme soutient que le président russe Vladimir Poutine a lui-même exprimé qu'il ne s'agissait pas de piraterie.

Le ministre québécois des Relations internationales, Jean-François Lisée, a sévèrement critiqué la Russie pour ces accusations qu'il juge « disproportionnées ».

Le ministre Lisée a affirmé être en contact avec les services consulaires canadiens. Il affirme avoir l'intention de parler avec le ministre des Affaires étrangères, John Baird, dans les prochains jours.

Partout dans le monde

Plus tôt dans la journée,  à Londres, un rassemblement de sympathisants de Greenpeace s'est tenu devant l'ambassade de Russie. Ils étaient également un millier à La Haye devant l'ambassade de Russie aux Pays-Bas et plusieurs centaines ont manifesté place de la République, à Paris.

À Helsinki, en Finlande, quelque 1300 personnes ont manifesté pendant qu'en Suède, 500 personnes se sont rassemblées à Stockholm, et 200 à Vienne, en Autriche. Plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté au principal port de Hong Kong en formant une chaîne humaine en forme de lettres « Libérez les 30 de l'Arctique », selon Greenpeace.

Trente militants et membres d'équipage du Greenpeace Arctic Sunrise ont été arrêtés, en septembre, alors qu'ils tentaient de monter sur une plateforme pétrolière de Gazprom dans l'Arctique. Ils sont emprisonnés à Mourmansk.

Deux Canadiens figurent parmi les prisonniers ainsi que deux Néerlandais, six Britanniques, quatre Russes, deux Argentins, deux Néo-Zélandais, un Américano-Suédois, un Américain, un Australien, un Brésilien, un Danois, un Finlandais, un Français, un Italien, un Polonais, un Suisse, un Turc et un Ukrainien.

L'Australie a fait part samedi de son « inquiétude » quant aux accusations « très graves » portées par Moscou contre l'un de ses ressortissants.

Les Pays-Bas ont entamé une procédure d'arbitrage contre la Russie, estimant que Moscou aurait dû leur demander l'autorisation d'arraisonner l'Arctic Sunrise puisqu'il battait pavillon néerlandais.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexeï Mechkov, a vigoureusement contesté les arguments des Pays-Bas. « Tout ce qui s'est passé avec l'Arctic Sunrise est une pure provocation », a-t-il déclaré selon l'agence Ria Novosti.

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