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Bataille-de-la-Châteauguay: une centaine de personnes vivent la reconstitution

05/10/2013 07:06 EDT | Actualisé 05/12/2013 05:12 EST

HOWICK, Qc - Une centaine de personnes ont revêtu leurs habits de soldat, samedi, pour se prêter au jeu de la reconstitution historique du bicentenaire de la Bataille-de-la-Châteauguay, jugée fondatrice pour le Canada par le gouvernement conservateur.

Sous le regard attentif de plusieurs centaines de personnes, ces mordus d'histoire — dont une quarantaine d'Américains venus pour l'occasion —, ont tiré des salves de fusils, joué du clairon et se sont époumonés pendant près d'une heure pour commémorer l'affrontement entre les troupes canadiennes et américaines.

La reconstitution de cette bataille de la guerre de 1812 s'est soldée par une minute de silence à la mémoire des quelque 40 victimes, dont deux morts seulement dans les rangs canadiens, qui étaient composés de Britanniques, de Canadiens Français et d'Autochtones.

Et selon le conservateur en chef de Parcs Canada, André Gousse, la victoire des Voltigeurs canadiens, qui n'étaient que 300, contre le régiment de 3000 Américains est largement attribuable à la tactique militaire mise en place par le commandant de cette unité d'infanterie à l'époque, le lieutenant-colonel Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry.

«Ils ont pu repousser le contingent américain, qui tentait de remonter la rivière pour prendre la ville de Montréal. Ce qui a fait la différence, pour les Canadiens, c'est d'avoir eu plusieurs lignes de défense et d'avoir utilisé les petits ruisseaux de la rivière Châteauguay comme défense naturelle en renforçant le tout avec des murs de bois et des branches d'arbres», a-t-il raconté.

Lancées l'an dernier, les commémorations de la guerre de 1812, qui a duré trois ans, se poursuivront jusqu'en 2015, et le gouvernement conservateur ne semble pas ménager ses efforts à ce chapitre.

En juin dernier, Ottawa a notamment dépensé 700 000 $ lors d'un encan à Londres pour faire l'acquisition d'archives sur cette guerre qualifiée de «moment décisif de l'histoire» par le gouvernement fédéral. Il s'agirait, selon Archives Canada, de la plus grande collection connue de documents sur l'histoire de ce conflit.

Il a été impossible, samedi, de joindre un représentant de Parcs Canada pour connaître le montant des sommes engagées dans la reconstitution historique de la Bataille-de-la-Châteauguay.

Si l'importance de la guerre 1812 dans la création de l'identité canadienne est contestée par certains historiens, Parcs Canada, qui organisait samedi la reconstitution de la Bataille-de-la-Châteauguay, a tenu à se distancier de cette polémique.

«Le gouvernement a effectivement investi de l'argent dans certains de nos sites historiques et il est certain que cela nous aide à raconter les histoires qu'on veut raconter. Tout événement historique peut être interprété de différentes façons. Mais notre objectif, à Parcs Canada, est vraiment de montrer tous les aspects de l'histoire aux Canadiens pour partager ces faits avec eux», a soutenu M. Gousse.

Pour d'autres, dont l'arrière-arrière-petit-fils du lieutenant-colonel de Salaberry, l'ex-ambassadeur canadien au Moyen-Orient Michel de Salaberry, le fait de «tirer des liens entre l'histoire et la politique moderne» s'avère une pratique plutôt indue.

«C'est regrettable», a reconnu M. de Salaberry, refusant toutefois de commenter davantage cette possible reprise politique de l'événement historique par les conservateurs.

«Je ne suis pas certain que nous accordions l'importance que l'histoire mérite; c'est très important pour notre identité et je regrette beaucoup que nous l'enseignons moins de nos jours», a-t-il mentionné.

Plusieurs résidants de la région s'étaient déplacés pour l'occasion, dont Fernand Vachon, un retraité d'Ormstown qui ne connaissait pas l'existence de ce conflit avant l'an dernier.

«Il y a eu de la publicité pendant toute l'année pour commémorer cette guerre-là, je n'en avais pas vraiment entendu parler avant. Le gouvernement conservateur encourage ce rappel de l'histoire et puis en général, c'est bien de se remémorer l'histoire, pour savoir où on s'en va. Ça nous fait apprécier la paix qu'on a maintenant», a-t-il souligné.

À l'approche des 150 ans de la confédération canadienne, Ottawa semble vouloir mettre l'accent sur les exploits militaires de l'armée du pays pour souligner l'anniversaire. Des aides financières sont notamment prévues en vue de la commémoration d'événements tels le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale — qui comprend une enveloppe de 5 millions $ pour la construction d'un centre d'interprétation à Vichy, en France —, et le 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale, entre autres.

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