DIVERTISSEMENT

Basia Bulat: Une chanteuse folk entre ombre et lumière (ENTREVUE)

05/10/2013 11:21 EDT | Actualisé 06/10/2013 03:04 EDT
Courtoisie / Caroline Desilets

Il y a de ces albums dont on est particulièrement heureux de se mettre sous la dent à l’automne, alors que la température se refroidit et que nos cœurs ont envie de se réchauffer. Il en est le cas pour l’auteure-compositrice-interprète Basia Bulat, qui est de retour avec un troisième disque en carrière, Tall Tall Shadow. Voix vibrante, mélodies joliment ficelées, la jeune femme nous entraîne encore une fois dans son folk, tout en y laissant une empreinte beaucoup plus personnelle. Entrevue.

Ce n’est pas un hasard si la chanteuse torontoise faisait le lancement de son nouvel effort à Montréal. En effet, Tall Tall Shadow a été co-réalisé avec le bassiste du groupe Arcade Fire, Tim Kingsbury, et le producteur de The Suburbs, Mark Lawson. Quelques-unes de ses compositions ont d’ailleurs été enregistrées à l’église de Farnham, qui servait auparavant de studio au groupe mythique.

La multi-instrumentiste dit avoir été extrêmement bien entourée lors de la conception du disque. « Ce qui me rend fière de cet album, c’est d’abord d’avoir travaillé avec mes amis et avec mon frère (Bobby Bulat à la batterie). Ce sont des personnes qui me correspondent parfaitement bien. Ils savent où je veux aller, mais ils sont aussi capables de me surprendre », relate-t-elle dans un mélange de français et d’anglais. Elle a appris la langue de Molière durant un été à l’Université de Montréal.

Le courage d’explorer

Sur Tall Tall Shadow, Basia Bulat avait envie de repousser les limites de son folk. Sur le plan sonore, elle a favorisé une approche entremêlant l’électrique et l’électronique. « Je voulais raconter mes histoires différemment et c’est ainsi que se décidaient les arrangements. Il fallait trouver la meilleure façon de rendre mes paroles », explique-t-elle. L’artiste avoue avoir tenté plusieurs arrangements pour chaque morceau avant de déterminer ce qui convenait le mieux aux émotions qui s’y rattachaient.

Textes raffinés et très intimes, la Torontoise s’est mise à nue au moment de l’écriture. « Toutes les chansons me correspondent vraiment. J’ai l’impression d’être toutes mes chansons à la fois », dit-elle. Résultat qui n’a toutefois pas été si simple à atteindre puisque qu’elle avait parfois du mal à coucher ses réelles émotions sur papier. « J’essayais vraiment de me laisser aller, de laisser aller ce qui se présentait… Et ce n’est pas toujours facile à faire, mais c’est ce que je travaillais », renchérit-elle.

Tout en profondeur

Voix profonde, textes sensibles, l’artiste entre dans la même veine que les Feist et Joni Mitchell grâce à sa dernière œuvre musicale. On découvre une It Can’t Be You qui fait frissonner avec ses douces montées de voix, une Paris or Amsterdam qui reste vite en tête et qui émeut par une répétition convaincante de « Come to my mind » au refrain… On apprécie aussi Someone, pièce faisant allusion à Montréal et aux nombreux passages de l’auteure dans la métropole, lui procurant un sentiment de plénitude. Bref, on est envoûté du début à la fin.

Le charme du français

La belle blonde planifie venir au Québec pour offrir quelques concerts dans les mois à venir. Et elle souhaite même chanter certaines pièces en français. « J’aimerais beaucoup faire quelques reprises en spectacle. Comme ça, je vais pratiquer un peu mon français d’ici là », lance-t-elle en riant.

À cet égard, elle admet également espérer enregistrer un « petit quelque chose » en français dans le futur. « Je parle un peu français, peut-être pas très bien, mais je parle aussi espagnol et polonais. Je pourrais peut-être faire quelque chose en différentes langues », affirme-t-elle. « Il y a tellement de belles chansons françaises. J’aime qu’on puisse jouer avec les mots. Je pense aux textes de Gainsbourg et je constate que les paroles peuvent avoir tellement de significations. C’est possible en anglais, mais pas au même niveau ».

L’album Tall Tall Shadow est disponible depuis mardi. Il est possible d’en faire le téléchargement en cliquant ici.

EN VIDÉO:

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.