NOUVELLES

Vote sur l'abolition du Sénat irlandais : faible taux de participation

04/10/2013 03:42 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST

Le référendum sur l'abolition du Sénat irlandais n'a pas attiré les électeurs. Dans la circonscription de Dublin, le taux de participation était de 11,7 % en milieu d'après-midi.

Selon les commentateurs, le taux de participation ne dépasserait pas 30 %. Les résultats devraient être connus samedi.

Au vu des dernières enquêtes d'opinion, le texte a toutefois de bonnes chances de passer.

Dans le dernier sondage publié lundi par le journal Irish Times, 44 % des personnes interrogées étaient prêtes à voter oui, ou « ta » en gaélique, à l'abolition du Sénat, 27 % avaient l'intention de dire non ou « nil », tandis que 21 % étaient indécises et 8 % disaient vouloir s'abstenir.

Le projet est âprement défendu par le premier ministre Enda Kenny (président du parti Fine Gael, centre-droit), qui en avait fait une promesse électorale en 2011. Selon lui, le Sénat « n'est pas démocratique », « coûte 20 millions d'euros par an » et « ne s'est jamais impliqué dans la vie publique irlandaise comme il aurait dû le faire », a-t-il déclaré jeudi dans une vidéo mise en ligne sur le site YouTube.

À l'inverse, les détracteurs de ce scrutin historique considèrent le projet comme une tentative de centraliser le pouvoir. L'abolition du Sénat aurait pour conséquence de plonger l'Irlande « en terrain inconnu sur le plan constitutionnel », estime la sénatrice indépendante Katherine Zappone.

Les résultats du scrutin pourraient être annoncés samedi après-midi.

Un pays en difficulté financière

Plombée par ses banques, au bord du gouffre après l'explosion de la bulle immobilière, l'Irlande avait été contrainte fin 2010 d'appeler l'Union européenne et le FMI à la rescousse, obtenant un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros. Ce sauvetage avait toutefois été assorti d'importantes mesures d'austérité.

« D'autres petits pays comme la Suède et le Danemark ont clairement montré qu'une seule chambre parlementaire coûte non seulement moins cher, mais travaille aussi bien mieux et dans une plus grande transparence », a fait valoir Enda Kenny, jeudi.

Comme au Canada, le rôle du Sénat se limite souvent à entériner des textes déjà adoptés par la chambre basse du Parlement. Sa prérogative la plus significative est sa capacité à retarder un projet de loi pour une durée de 90 jours.

Le sénat irlandais est composé de 60 membres. La plupart sont élus par des collèges d'élus locaux et d'universitaires, tandis que 11 sont nommés par le chef du gouvernement.

L'Irlande avait déjà supprimé le sénat en 1936, avant de le réinstaurer un an plus tard.

PLUS:rc