Stromae à Montréal : le chanteur prend racine (VIDÉO)

Publication: Mis à jour:

Avec inventivité et un brin d’humour, le chanteur belge Stromae, responsable d’un tapage monstre depuis cet été, se joue gentiment des Montréalais au sujet d’une performance « surprise » qui aura lieu dans le coin du Quartier des spectacles, aujourd’hui. À quelques heures de cet attendu rendez-vous, Stromae raconte sa fulgurante ascension, son deuxième album intitulé Racine carrée et bien entendu, son passage remarqué dans la métropole québécoise.

Stromae - que l’on doit prononcé Stromaï et non Stromaé, un nom d’artiste inspiré du mot maestro en verlan -, a piqué notre curiosité il y a quelques jours en annonçant un «stunt» au centre-ville de Montréal, vendredi. Hier matin, l'artiste donnait finalement davantage de détails concernant ce happening plus construit qu’improvisé servant à promouvoir à la fois son récent disque et la nouvelle émission d'Éric Salvail sur les ondes de V. Le chanteur offrira en effet une courte performance gratuite sur la Place des festivals du Quartier des spectacles, vendredi, à midi et demi, en collaboration avec l’animateur populaire. Les participants sont invités à se réunir autour d'un conteneur jaune «en mode Salvail».

« Je vais faire trois chansons et une performance dans les rues, explique en entrevue Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver. Il y aura une sorte de parcours. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais ça ressemblera à mon jeu dans la vidéo de Formidable, où je déambule dans la ville, interprétant un homme saoul […] J’aime bien (le concept dans le vidéoclip qui est récupéré pour le « stunt » à Montréal) et ça sert le propos. Sinon, je n’aurais pas été en paix. La vidéo servait l’idée de la solitude. »

Rappelons que ce vidéoclip de Stromae, qui a été tourné tôt le matin en caméra cachée, montre un Stromae ivre qui erre dans les rues de Bruxelles (son lieu de naissance où il habite toujours) en psalmodiant les paroles de la chanson. Sous le regard perplexe des nombreux passants, le chanteur semble perdu, fébrile et quelque peu désemparé.

L’idée s’est avérée un très bon coup et la vidéo a fait le tour du monde. Mais ce personnage désœuvré et hagard n’a vraiment rien à voir avec l’interlocuteur réfléchi, posé et aimable que nous interviewons en ce vendredi matin.

Le conteneur, le jaune et la musique

Les informations sorties au compte-goutte en début de semaine ont été progressivement déversées sur différentes plateformes médiatiques et dans les réseaux sociaux, notamment. « Oui, j’ai déjà utilisé cette formule de concert surprise, affirme Stromae. J’ai déjà fait à Bruxelles ou encore sur un bus à Londres. Ça plaît aux gens, en général, cette mise en scène sympa. »

Les spectateurs sont invités à porter des vêtements ou accessoires roses, verts et violets, «les couleurs fétiches de l’artiste belgo-rwandais», selon les organisateurs. Aux dires du principal intéressé, ces couleurs sont d’abord des choix artistiques qui ont été réfléchies pour le concept de l’album Racine carrée : « Se sont des couleurs attitrées au visuel. Nous avons tenté de faire un grand écart entre les influences européennes occidentales, souvent à prédominance de bleus, gris, noirs, et celles de la tradition africaine, plus éclatantes. »

On le répète, Stromae mise sur une campagne promotionnelle plutôt inusitée entourant son album Racine Carrée. Et tout semble fonctionner à merveille. La sensation de l’heure a écoulé plus de 300 000 exemplaires en six semaines de son second disque paru le 20 août. Impossible d’en douter, Stromae plaît et fait jaser, un peu partout sur le globe.

« Le grand public m’a connu en 2009-2010 avec mon premier disque. Mais depuis le début de l’été c’est vertigineux. Tant mieux. C’est plaisant toute cette attention, même si la boule grandit au ventre. Les névrosés que nous sommes (les artistes) vont chercher la petite bête, ce qui ne va pas. L’envie est toujours présente de se remettre en question. Mais vraiment, je suis très heureux des derniers développements. »

Nombreuses de ses chansons comme Formidable (le vidéoclip a véritablement affolé l’univers web à sa sortie) Humain à l’eau et Papaoutai (tube estival ravageur avec ses rythmes électro dansants), qui en est à 52 millions de visionnements sur YouTube, sont devenus de véritables bombes commerciales.

Visite-éclair

« Je suis déjà venu deux fois auparavant à Montréal (dans le cadre de Montréal en Lumières et des FrancoFolies). Pour l’instant, c’est cette courte performance que j’ai à proposer. Mais je peux promettre que je reviendrai à l’été 2014 avec un spectacle complet. Et pourquoi pas visiter aussi d’autres villes du Québec ? Pourquoi pas un concert sur les Plaines d’Abraham ? Je dois retourner en Europe pour justement travailler sur le spectacle. Durant un mois je vais trouver des musiciens, maximum quatre, car j’aime être au minimum sur scène. J’aurai certainement des instruments organiques en plus du matériel électro. Je proposerai certainement des chorégraphies, de la danse. J’essaierai de faire rire également. Je pourrai tapoter des synthétiseurs ou encore des percussions (il a fait quatre ans d’études en percussions), qui sont quand même à la base de mon travail sur Racine carrée. »

Cet opus a d’ailleurs été guidé par les rythmes hip hop et électro affectionnés par l’artiste. Selon lui, une petite touche africaine a cette fois-ci davantage teinté l’enregistrement. « Racine Carrée a été en très bonne partie composé sur mon ordinateur portable. Outre la liberté que cette démarche procure, je crois que c’est un défaut de production faute de moyen. Mais pour l’enregistrement, j’ai bien entendu eu accès à un studio. On a chipoté pour créer de belles sonorités tout en conservant l’ambiance électro de la période de composition. Sur la chanson Pour ta fête, par exemple, on a enregistré les percussions bande par bande. »

« J’essaie d’être honnête par rapport à mes influences musicales de base, poursuit-il. J’essaie néanmoins d’insérer d’autres courants qui me touchent. J’ai notamment mis plus de rumba sur Racine carrée. C’est la même chose en ce qui concerne mes origines. Je suis né en Belgique, mais j’ai des racines rwandaises. Disons que je suis 50/50. Je dirais même 60/40 Belge ou 70/30, puisque mon quotidien est d’abord européen…», ajoute-t-il en échappant un léger rire.

« Avant la vidéo Formidable, j’avais une petite vie tranquille. Ensuite, ça été la galère. Les deadlines, la pression, la production. C’est beaucoup de travail et de questionnement. Je ne voulais pas faire l’erreur de remette une chanson qui cannibalise les autres du disque comme Alors on danse. Tu vois, c’est allé très très vite. Dans ces moments, on tente de faire du mieux qu’on peut. »

Et force est de constater ascension vertigineuse va très bien à ce jeune chanteur de 28 ans, qui joue entre autres du coude avec Daft Punk pour les meilleures ventes d’album en France.

Stromae sera à la Place des spectacles, vendredi, à midi.

À VOIR AUSSI:

Stromae en quelques chansons
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée
Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.