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Résolu: les employés votent pour renégocier la convention à Baie-Comeau

04/10/2013 04:58 EDT | Actualisé 04/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Produits forestiers Résolu ne souhaite pas rouvrir la convention collective de ses employés à l'usine de Baie-Comeau, tel qu'ils le réclament. Les quelque 360 employés ont voté, tard jeudi, pour la renégociation de leur contrat de travail dans une proportion de 94 pour cent dans le contexte de compressions annoncées par la compagnie.

Résolu estime devoir «mieux expliquer» aux employés les «scénarios» de compressions à son usine sur la Côte-Nord, alors que ceux-ci déplorent des mesures «imposées».

«Il n'y a eu aucun échange, a expliqué le porte-parole syndical, Joël Perreault. Nous sommes allés porter le résultat du vote (jeudi) à 22h. Ce qu'ils nous ont dit, c'est qu'on n'avait pas compris. Ils ne veulent pas négocier une convention collective. Ils ont des demandes sur la table qui doivent être imposées et c'est ça que ça prend pour fonctionner à trois machines à Baie-Comeau.

«La direction nous demandait de nous imposer une convention collective. Nous sommes allés chercher un mandat de réouverture de convention collective», a-t-il précisé.

Selon M. Perreault, la direction avait soutenu que la troisième machine serait redémarrée ce jeudi en fonction d'un «mandat de négocier», mais ce ne fut pas le cas.

Le porte-parole se dit encore être prêt à «s'asseoir et regarder les impacts» des mesures, tout en parlant de l'«intransigeance» de la compagnie. «C'est beau expliquer une demande, mais quand on ne veut pas la négocier», a-t-il laissé tomber.

Il a fait valoir que les deux «scénarios» concernent des «diminutions de conditions de travail».

L'entreprise disait, il y a une semaine, juger nécessaires des compressions à cause d'une baisse de la demande pour le papier journal sur le marché mondial, particulièrement dans les sept derniers mois.

Selon ce qu'a indiqué vendredi un porte-parole de Résolu, Karl Blackburn, un premier scénario, qui impliquerait l'élimination de 90 postes — dont 70 concerneraient des employés admissibles à la retraite, selon la direction —, permettrait le maintien de trois machines en fonction.

Un deuxième scénario, avec deux machines en service, entraînerait des coupes de 150 postes.

Un certain nombre de clauses, sur les heures travaillées ou les congés de maladie, rebutent le syndicat.

«On est content de voir que les employés se sont majoritairement manifestés en faveur du maintien de trois machines. C'est une bonne nouvelle en soi», a d'abord exprimé en entrevue M. Blackburn.

«Ce qui a été peut-être mal perçu, c'est que les points qui ont été mis en place ne sont pas à négocier. C'est le fruit d'analyse pour une diminution des coûts sur l'opération de la machine», a-t-il ajouté.

Il a dit croire à un «problème de communication» et mentionné que la partie patronale allait définir l'impact de chacune des mesures dans un document à être présenté aux employés la semaine prochaine.

«Il était clair qu'il ne s'agissait pas de points à négocier. On n'ouvre pas la négociation, et on ne veut pas renégocier la convention collective», a-t-il insisté.

M. Blackburn a réitéré la volonté de la compagnie de poursuivre les opérations à trois machines à Baie-Comeau.

Les 360 travailleurs sont syndiqués dans trois sections locales du nouveau syndicat Unifor, affilié à la FTQ. Unifor est issu de la fusion du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), ainsi que du Syndicat national de l'automobile, de l'aérospatiale, du transport et autres travailleurs du Canada (TCA-Canada).

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