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Le ministre Marceau discret sur l'atteinte de l'équilibre budgétaire

04/10/2013 04:42 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST

Même si le gouvernement Marois dit pratiquer une saine gestion des finances publiques, la faible croissance de ses revenus le forcera vraisemblablement à repousser sa promesse électorale d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a indiqué, vendredi à Montréal, que le ralentissement de l'inflation au Québec était principalement à l'origine de la faiblesse de la croissance des revenus de l'État.

« Cela est favorable pour les consommateurs, puisqu'ils maintiennent leur pouvoir d'achat, mais pour les gouvernements qui taxent les transactions dont les prix augmentent plus lentement, les revenus sont plus faibles », a-t-il dit.

En marge d'un discours au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Marceau n'a pas confirmé qu'il abandonnait son objectif, mais il s'est montré peu enclin à imposer de nouvelles coupes dans les dépenses pour atteindre l'équilibre budgétaire.

« Le Québec n'est pas en période d'austérité, a martelé M. Marceau. Il n'est pas question de poser quelque geste que ce soit qui pourrait compromettre la croissance économique. »

Au Québec, l'inflation annuelle est passée de 1,1 % en juillet à 0,8 % en août, alors que dans le reste du Canada, ce taux est passé de 1,3 à 1,1 %.

De plus, la Banque du Canada s'attend à ce que le taux d'inflation demeure faible au moins jusqu'en 2015.

Le ministre des Finances est également demeuré vague lorsqu'il a été questionné sur le respect de la promesse de son gouvernement quant à l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

« On est à remettre à jour nos chiffres, a laissé tomber M. Marceau. On va tirer les conclusions à tirer au moment venu. Je n'ai pas le diagnostic complet. »

« Ce que nous pouvons contrôler, on le fait au meilleur de notre capacité, notamment sur le plan des dépenses, a-t-il ajouté. Le contrôle des dépenses, c'est quelque chose d'exigeant. »

Plusieurs doutent d'un retour à l'équilibre budgétaire, d'autant plus que le produit intérieur brut du Québec a diminué de 0,7 % au deuxième trimestre alors que la croissance n'avait été que de 0,3 % le trimestre précédent.

Dans son discours, devant quelque 400 personnes, M. Marceau a également brièvement abordé la politique économique de son gouvernement, qui sera dévoilée lundi, dans la métropole.

L'électrification des transports est un secteur très prometteur, selon M. Marceau

Le ministre des Finances a laissé entendre que le secteur de l'électrification des transports devrait être une priorité de son gouvernement.

« Nous désirons que cette grappe devienne un secteur d'avenir, à l'instar de celui des jeux vidéo », a dit M. Marceau.

Il a rappelé que c'est le gouvernement péquiste dirigé par Bernard Landry qui a accordé de généreux incitatifs financiers, en 1997, pour développer ce secteur, qui emploie actuellement plus de 8000 personnes.

M. Marceau n'a cependant pas voulu dire si Québec avait l'intention d'accorder des incitatifs similaires aux entreprises du secteur de l'électrification des transports.

« Nous voulons que le Québec offre un climat intéressant à l'investissement, s'est-il limité à dire. Nous allons déposer notre plan lundi. »

Selon le ministre des Finances, l'électrification des transports représente un secteur très prometteur pour le Québec.

« Nous avons de l'énergie propre, des surplus d'électricité, a souligné M. Marceau. Nous avons développé des batteries et des moteurs électriques. On a des ingrédients nécessaires pour faire émerger ce secteur. »

M. Marceau a aussi souligné que le document présenté lundi allait intégrer plusieurs politiques sur lesquelles le gouvernement travaille actuellement, soit la politique industrielle, la politique nationale de recherche et d'innovation, celle du commerce extérieur, en plus de celle de l'électrification des transports.


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