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Impasse budgétaire: le président Barack Obama annule un voyage en Asie

04/10/2013 09:57 EDT | Actualisé 04/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a annoncé, tard jeudi, qu'il annulait sa présence à deux sommets économiques en Asie, au moment où le Parti démocrate semonçait les républicains de mettre au pas la faction radicale du «Tea Party» pour permettre la réouverture rapide du gouvernement.

Les républicains de la Chambre des représentants estiment que le moment est venu de recommencer à négocier, puisque le Congrès et le président seront tous deux à Washington en fin de semaine.

«Je demande simplement que nous nous asseyions tous ensemble, comme le peuple américain s'y attend, et que nous discutions de la relance du gouvernement et des problèmes qui nous attendent, a déclaré vendredi aux journalistes le président de la Chambre, John Boehner. Ce n'est pas un foutu jeu.»

Les leaders républicains ont indiqué vendredi que la Chambre sera en session samedi pour permettre aux républicains de continuer à adopter des lois qui rouvrent certaines portions du gouvernement, morceau par morceau. La Maison-Blanche a répondu avec une nouvelle menace de veto, en déclarant que le Congrès doit rouvrir tout le gouvernement fédéral.

Le département du Travail, de son côté, n'a pas publié les données sur le marché de l'emploi qui étaient attendues vendredi, en raison de la crise budgétaire.

Les démocrates ont mis en lumière les dissenssions qui commencent à apparaître au sein des rangs républicains, où certains parlementaires plus conservateurs, comme le représentant texan Ted Cruz, ont incité des collègues plus modérés à déclencher un affrontement concernant le financement du gouvernement et la réforme de l'assurance-santé proposée par M. Obama.

La leader démocrate au sein de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déclaré vendredi que la crise durera tant et aussi longtemps que les républicains ne feront pas preuve de davantage de cohésion.

«Il est très difficile de négocier avec les républicains quand ils ne peuvent même pas négocier avec eux-mêmes», a déclaré Mme Pelosi sur les ondes de la chaîne MSNBC, vendredi.

La veille, le président Obama avait reproché M. Boehner, de refuser la tenue inconditionnelle d'un vote sur la relance du gouvernement.

«M. Boeher ne veut même pas soumettre cette loi à un vote 'oui-non', parce qu'il ne veut pas froisser les extrémistes de son parti. C'est tout. C'est ce qui se passe», a déclaré le président jeudi.

Pour sa part, M. Boeher a accusé le président Obama de faire preuve d'irresponsabilité en refusant d'admettre que son projet d'assurance-santé, baptisé «Obamacare», était imparfait.

Vendredi, la Chambre des représentants, qui est contrôlée par le Parti républicain, a maintenu la pression pour assurer le financement morceau par morceau de certaines agences gouvernementales — une stratégie rejetée par M. Obama et le Sénat démocrate.

La Chambre devrait notamment voter sur un programme populaire qui fournit une aide alimentaire aux femmes enceintes et à leurs enfants, ainsi que sur l'aide prévue en cas de catastrophe.

Des employés fédéraux en congé forcé devraient recevoir certains des salaires rétroactifs qui leur sont dus.

La Maison-Blanche a affirmé que la paralysie de l'appareil gouvernement empêche le président de faire la promotion de l'économie américaine sur des marchés en pleine émergence.

M. Obama aurait dû quitter le pays samedi pour assister à deux sommet économiques en Indonésie et à Brunei. Les délégations américaines seront plutôt dirigées par le secrétaire d'État John Kerry. M. Obama avait déjà modifié l'itinéraire à la baisse, faisant d'abord savoir qu'il ne visiterait que deux pays, plutôt que quatre. La Maison-Blanche avait précisé, plus tôt cette semaine, que le président ne pourrait s'arrêter en Malaisie et aux Philippines.

La paralysie gouvernementale et l'atteinte imminente de la limite d'endettement du pays risquent de plus en plus de se télescoper, faisant grimper les enjeux pour le président, le Congrès et l'économie américaine dans son ensemble.

Le président Obama et le département du Trésor ont indiqué que l'incapacité des élus à s'entendre pour relever la limite d'endettement du pays, qui devrait atteindre son niveau maximal de 16 700 milliards $ US à la mi-octobre, pourrait précipiter les États-Unis dans une crise économique pire que la récession de 2008.

L'incapacité du pays à honorer ses obligations envers ses créanciers ferait plonger la valeur du dollar et exploser les taux d'intérêt à des niveaux sans précédent, selon un rapport du Trésor.

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