POLITIQUE

Christian Paradis: La charte des valeurs envoie un message hostile aux immigrants

04/10/2013 10:54 EDT | Actualisé 04/12/2013 05:12 EST
CP

OTTAWA - Le ministre fédéral Christian Paradis reproche à la charte des valeurs au Québec de diviser les citoyens et, surtout, d'envoyer un message hostile aux immigrants.

«Franchement ça envoie un drôle de signal», a lancé le ministre du Développement international, vendredi matin à Ottawa. «Ça, c'est mon opinion personnelle», a-t-il tenu à souligner en répondant aux questions des journalistes sur la charte.

M. Paradis a fait valoir que le Québec est une société qui a besoin d'immigrants.

«Il y a une pénurie de main-d'œuvre puis on veut construire davantage. Alors, je me dis les gens qui sont à l'extérieur vont dire "si on veut immigrer au Québec, est-ce qu'on fait partie du nous ou pas?" Puis de la façon que le débat est engagé, c'est une question qui me préoccupe», a-t-il dit.

Par ailleurs, le ministre est heureux de voir Jacques Parizeau et Lucien Bouchard participer au débat. Les deux anciens premiers ministres québécois ont déclaré publiquement qu'ils voudraient des assouplissements au projet de charte.

«C'est bien qu'on ait des gens crédibles, des leaders d'opinion qui sautent dans la mêlée.»

Cette opinion que le ministre Paradis a exprimé «comme Québécois» n'a pas à être le reflet de la position du gouvernement Harper. Depuis que le débat est lancé, le gouvernement conservateur a soufflé le chaud et le tiède sur la place publique.

Denis Lebel, lieutenant du Québec de Stephen Harper, fait tout pour éviter de se lancer dans le débat et provoquer une querelle Québec-Ottawa qui servirait le gouvernement péquiste, d'après lui. Le ministre Lebel s'est contenté d'annoncer que si la charte devenait loi, Ottawa jugerait de sa constitutionnalité et pourrait la contester devant les tribunaux.

Pendant ce temps, son collègue, Jason Kenney, a multiplié les sorties publiques, sur Twitter et sur les réseaux de télévision, pour dénoncer la charte. De son côté, M. Harper s'est contenté de dire qu'il ne s'attend pas à ce que le projet aboutisse puisque le gouvernement péquiste est minoritaire.

INOLTRE SU HUFFPOST

Jacques Parizeau réagit à la Charte des valeurs québécoises