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Ottawa est prêt à discuter du suicide assisté, mais pas à le légaliser

03/10/2013 04:08 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST

TORONTO - La ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, a déclaré jeudi qu'elle était prête à discuter du suicide assisté avec ses homologues provinciaux et territoriaux, mais a insisté sur le fait qu'Ottawa n'avait pas l'intention de légaliser cette pratique.

Mme Ambrose a fait ces commentaires depuis Toronto, où elle doit rencontrer les ministres de la Santé des provinces et des territoires ce vendredi.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, avait affirmé la semaine dernière que le pays devait tenir un débat sur cette délicate question, que le gouvernement fédéral veuille ou non aborder le sujet.

Le suicide assisté a récemment refait surface dans l'actualité après qu'un médecin torontois eut lancé un appel émouvant en faveur de sa légalisation dans une vidéo tournée peu de temps avant sa mort en septembre.

Huit jours avant de succomber à une tumeur au cerveau à l'âge de 68 ans, le Dr Donald Low, qui avait aidé Toronto à gérer la crise du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003, a pressé Ottawa de permettre aux Canadiens de mourir dans la dignité.

Au Québec, le gouvernement a amorcé le 17 septembre dernier des consultations publiques concernant son projet de loi sur le droit de mourir dans la dignité, qui a été déposé plus tôt cette année. Ce dernier détaille essentiellement les conditions nécessaires pour qu'une personne reçoive une aide médicale à mourir.

Le projet de loi fait suite à un rapport bipartisan historique (libéral-péquiste), déposé en 2012, qui proposait que les médecins puissent, dans des circonstances exceptionnelles, aider à mettre fin à l'existence d'une personne souffrant d'une maladie en phase terminale, avec bien sûr l'accord du patient.

Le fédéral a annoncé un examen de la loi québécoise, ouvrant la voie à un éventuel affrontement entre Ottawa et Québec. Le gouvernement québécois soutient que l'octroi de soins de santé relève des compétences provinciales et dit avoir des arguments juridiques solides pour défendre son projet de loi, le premier du genre au pays.

En vertu du Code criminel canadien, aider quelqu'un à mourir constitue un acte criminel passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 14 ans.

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