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« L'exploitation, une pratique banalisée » - Amnistie internationale

03/10/2013 10:20 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST

Le Qatar ne peut pas continuer à exploiter des travailleurs migrants sur ses chantiers.

C'est l'avis d'Amnistie internationale, documents à l'appui, qui revient d'une mission de plusieurs semaines au Qatar. Le rapport est attendu en novembre. 

Le Qatar doit agir pour améliorer le statut de sa main d'oeuvre, a insisté l'organisation de défense des droits de l'homme.  

« Les formes combinées d'exploitation, dans certains cas que nous avons documentés, peuvent être considérées comme du travail forcé », a expliqué à l'agence AFP James Lynch, chercheur d'Amnistie internationale sur les travailleurs migrants dans le golfe, qui a fait partie de la mission.

« Dans le secteur de la construction, malheureusement, nos recherches font apparaître que l'exploitation est une pratique banalisée », a-t-il ajouté.

Amnistie internationale a présenté ses conclusions aux autorités du Qatar, et elle s'attend à « une réponse imminente », a indiqué le représentant.

Selon M. Lynch, les formes d'exploitation constatées incluent la confiscation des passeports, l'interdiction de quitter le pays, les retenues de salaires pour de longues périodes de temps, et les sanctions financières en cas d'absence. Des abus souvent signalés dans les autres monarchies pétrolières du golfe.

« 90 % des travailleurs à faibles revenus déclarent avoir vu leurs passeports être confisqués, explique-t-il, soulignant que son équipe a pu interroger des ouvriers de plusieurs pays d'Asie du Sud.

Selon M. Lynch, les autorités du Qatar devraient déjà mettre en oeuvre les lois existantes, qui fixent les heures de travail et prévoient fournir un logement décent, des soins de santé, la sécurité et des salaires payés mensuellement.

« Le Code du travail du Qatar énonce les principaux droits et, s'il est appliqué, il devrait améliorer nettement leurs conditions », a souligné M. Lynch.

Mais « les entreprises de construction considèrent ces règles comme facultatives », affirme-t-il.

D'autre part, le gouvernement du pays devrait améliorer sa législation du travail, et notamment la loi sur le parrainage, qui permet aux employeurs d'empêcher leurs employés de changer d'emploi ou de quitter le pays en leur refusant des permis de sortie.

Les ressortissants étrangers, c'est le cas de plusieurs joueurs de soccer professionnels, ont besoin d'un permis de sortie pour quitter le Qatar.

Depuis les révélations, le 26 septembre, du quotidien britannique The Guardian, le Qatar a multiplié depuis les déclarations rassurantes. L'enquête du Guardian avait révélé la mort de dizaines de travailleurs népalais ces dernières semaines sur les chantiers de l'émirat, et notamment sur un chantier de la Coupe du monde de 2022.

Le Qatar est actuellement au centre de la réunion du Comité exécutif de la FIFA, qui se déroule jeudi et vendredi.

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