L'ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau juge que le projet de charte des valeurs du gouvernement Marois va trop loin en interdisant le port de signes religieux aux employés de l'État et plaide pour un retrait du crucifix de l'Assemblée nationale.

Dans sa première chronique publiée jeudi dans Le Journal de Montréal, l'ex-chef péquiste adopte une position plus conciliante que celle adoptée par le ministre Bernard Drainville et ses collègues en préconisant une solution s'inspirant du rapport Bouchard-Taylor pour régler la question.

Bien qu'il se dise en faveur des autres propositions de la charte des valeurs (modifier la Charte des droits et libertés et offrir des balises claires pour gérer les demandes d'accommodements religieux, par exemple), M. Parizeau estime que l'interdiction des symboles ostensibles ne devrait s'appliquer qu'aux postes d'autorités dotés d'un pouvoir coercitif comme les policiers, les juges et les procureurs. « Je n'irais pas plus loin pour le moment », écrit-il.

En ce sens, la position de l'ancien premier ministre se rapproche de celle de la Coalition avenir Québec, à la différence que celle-ci croit que les enseignants des écoles primaires et secondaires devraient aussi être soumis à cette interdiction.

M. Parizeau se prononce en outre pour l'obligation de donner ou recevoir des services publics à visage découvert, ajoutant que « personnellement, [il irait] plus loin que ça », laissant entendre qu'il aimerait voir ce principe s'appliquer à l'espace public en général, ce qui est déjà le cas en France.

De la Révolution tranquille à aujourd'hui

Le texte de M. Parizeau, qui débute par un historique de la question, analyse le débat qui a cours au Québec depuis que le projet a été officiellement dévoilé, le 10 septembre. Il note au passage que « la séparation de l'Église et de l'État est devenue un fait » après la Révolution tranquille et attribue l'appui populaire à l'interdiction des signes ostentatoires à « l'islamisme » - une crainte qui s'explique, selon lui, par une « image de violences ».

Or, selon lui, les Québécois ne sont « ni méchants, ni vindicatifs ».

M. Parizeau termine sa chronique en plaidant pour le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale. « Espérons que, l'été prochain, le président, après avoir consulté discrètement les partis, le fera déplacer ailleurs dans le Parlement, par exemple dans la Galerie des présidents, sur lesquels il a veillé pendant tant d'années, écrit-il. Au retour des vacances, l''affaire devrait avoir cessé de faire des vagues. »

La charte des valeurs, un débat de société

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