POLITIQUE

Impasse budgétaire: le président Obama blâme John Boehner

03/10/2013 01:11 EDT | Actualisé 03/12/2013 05:12 EST
AP
President Barack Obama gestures as he speaks to workers at the Ford Kansas City Stamping Plant in Liberty, MO., Friday, Sept. 20, 2013. Obama traveled to the Kansas City area to visit the Ford automotive plant as he continues to highlight the progress in the economy since the 2008 financial crisis. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

WASHINGTON - Au troisième jour de paralysie du gouvernement américain, le président Barack Obama a blâmé jeudi le président de la Chambre des représentants, John Boehner, alors que la dispute budgétaire se dirigeait vers une crise encore plus grave entourant la limite d'endettement du pays. Le Trésor a prévenu que les conséquences pourraient être désastreuses si le Congrès n'arrive pas à relever le plafond de la dette.

Répliquant à M. Obama, M. Boehner s'est plaint que le président ignorait les demandes des républicains en laissant entrer en vigueur sa réforme phare du système de santé. Alors que le gouvernement américain fonctionnait de façon sporadique, jeudi, les marchés ont plongé à leur plus bas niveau depuis près d'un mois.

La paralysie gouvernementale fait déjà sentir ses effets. L'Agence nationale de sécurité des transports n'a pas envoyé d'enquêteurs au Tennessee pour faire la lumière sur un grave accident d'autocar survenu mercredi, qui a fait huit morts et 14 blessés.

Le département du Travail a indiqué qu'il ne publierait pas comme prévu, vendredi, le très attendu rapport sur l'emploi de septembre parce que le gouvernement est techniquement fermé.

À Washington, la tension a considérablement monté en milieu d'après-midi quand des tirs ont été entendus à l'extérieur du Capitole, forçant la suspension temporaire des activités du Congrès. Selon les autorités et des témoins, une femme a tenté de forcer des barricades devant la Maison-Blanche, provoquant une poursuite policière qui s'est soldée par des tirs devant le Capitole. La femme a été tuée.

Malgré la surchauffe de la rhétorique politique, certains signes laissant croire à une issue à la crise commençaient à émerger jeudi.

Deux représentants républicains ont déclaré que M. Boehner leur avait dit qu'il autoriserait la Chambre des représentants à voter sur une mesure visant à relancer l'ensemble des activités gouvernementales, mais seulement si les élus les plus conservateurs l'assurent qu'ils ne forceront pas l'ajout de clauses visant à freiner la réforme de la santé. Ces élus ont refusé jusqu'à maintenant de donner de telles assurances.

La paralysie gouvernementale et l'atteinte imminente de la limite d'endettement du pays risquent de plus en plus de se télescoper, faisant grimper les enjeux pour le président, le Congrès et l'économie américaine dans son ensemble.

Le président Obama et le département du Trésor ont indiqué que l'incapacité des élus à s'entendre pour relever la limite d'endettement du pays, qui devrait atteindre son niveau maximal de 16 700 milliards $ US à la mi-octobre, pourrait précipiter les États-Unis dans une crise économique pire que la récession de 2008. L'incapacité du pays à honorer ses obligations envers ses créanciers ferait plonger la valeur du dollar et exploser les taux d'intérêt à des niveaux sans précédent, selon un rapport du Trésor.

Le président Obama a détaillé tous les problèmes qui pourraient survenir en cas d'incapacité à relever la limite d'endettement, des retards dans les prestations de sécurité sociale jusqu'aux répercussions sur l'économie mondiale.

«Si nous nous plantons, tout le monde se plantera», a déclaré M. Obama.

Le bureau du président de la Chambre des représentants a répété que M. Boehner ne laisserait pas une telle situation se produire. «Mais pour relever la limite d'endettement, nous devons avoir un accord avec les responsables de nos dettes et de nos déficits», a déclaré son porte-parole, Michael Steel. «C'est pourquoi nous avons besoin d'un projet de loi avec des coupes budgétaires et des réformes afin de relancer notre économie.»