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Ottawa sous pression du lobby des armes pour ne pas signer un traité de l'ONU

02/10/2013 04:31 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

Le lobby canadien des armes à feu demande au gouvernement Harper de ne pas signer un traité sans précédent des Nations unies sur le commerce des armes à feu, parce que ce document pourrait ouvrir la voie à un retour du registre fédéral des armes d'épaule.

Voilà le message que livrent l'Association canadienne pour les armes à feu (ACAF) et l'Association des sports de tir du Canada (ASTC) au ministre des Affaires étrangères, John Baird, alors que celui-ci évalue si le Canada devrait emboîter le pas aux États-Unis et signer le traité international, qui vise à réglementer le secteur mondial du commerce d'armes à feu, évalué à plusieurs milliards de dollars.

Les partisans du traité, dont le secrétaire d'État américain John Kerry, qui l'a signé la semaine dernière au nom des États-Unis, affirment que le document n'aura pas d'impact sur les propriétaires locaux d'armes à feu.

Les membres du lobby pro-armes, qui ont discuté avec le gouvernement, ne voient pas la situation du même oeil. Selon eux, le traité pourrait faire augmenter le prix des armes et accessoires pour les tireurs canadiens, qui misent beaucoup sur l'importation.

Pour Sheldon Clare, président de l'ACAF, les conservateurs ne signeront pas le traité, puisque cela pourrait leur nuire lors des élections de 2015.

Une analyse des données d'Industrie Canada par La Presse Canadienne révèle que les importations d'armes à feu, d'accessoires et de munitions au pays ont totalisé 2,84 millions de dollars entre 2006 et 2012, soit presque deux fois plus que pendant les sept années précédentes, au moment où les libéraux étaient au pouvoir à Ottawa.

De son côté, le Nouveau Parti démocratique dénonce une ingérence des deux associations dans la politique étrangère canadienne.

La Presse Canadienne

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