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Les policiers devraient-ils porter des minicaméras?

02/10/2013 09:38 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

La montée en flèche de la popularité de la vidéo sur les médias sociaux est une révolution que les corps policiers devraient accueillir à bras ouverts plutôt que d'y résister, affirme le directeur sortant de l'agence ontarienne chargée d'enquêter sur les interventions policières potentiellement répréhensibles. Selon Ian Scott, les policiers devraient être munis d'une caméra de boutonnière.

Réfléchissant à ses cinq années en tant que directeur de l'Unité des enquêtes spéciales (UES), M. Scott a affirmé que la vidéo avait eu des répercussions énormes et que la police devrait s'en servir davantage.

L'homme de 61 ans, qui quittera son poste ce mois-ci, souligne que des caméras de boutonnière permettraient d'enregistrer les interactions entre les policiers et le public.

L'UES est appelée à enquêter lorsque des interventions policières mènent à des décès ou à de graves blessures.

Caméras pour Taser

M. Scott souhaiterait aussi que les pistolets à décharge électrique soient équipés de Tasercams, des caméras qui enregistrent du son et des images lorsque l'arme est prête à tirer. Cette caméra, d'une valeur de 400 $, est un bien faible investissement comparativement aux millions d'heures d'enquête qui seront économisées, a-t-il fait valoir.

Selon lui, il s'agirait de la meilleure solution pour garantir que le pistolet Taser est utilisé à bon escient.

Entre autres cas notoires, la vidéo a joué un rôle important dans le récent dossier du jeune Sammy Yatim, tué par un policier dans un tramway à Toronto, et dans celui de la mort de Robert Dziekanski à l'aéroport de Vancouver en 2007, après avoir été atteint par un pistolet électrique.

M. Scott, un ancien procureur de la Couronne et avocat de la défense, concède qu'il est difficile de poursuivre les policiers en justice. « Ils ont accès à de bons avocats et à beaucoup d'argent pour se défendre », a-t-il souligné.

Il a porté 57 accusations dans l'exercice de ses fonctions. Vingt-et-un cas sont présentement en cour. Des 36 autres, 14 se sont soldés par un verdict de culpabilité.
En tout, environ 4 % des cas sur lesquels l'UES a enquêté ont mené à des accusations. Toutefois, ce faible pourcentage n'inquiète pas M. Scott, qui assure que les dossiers ont été scrutés attentivement.

La Presse Canadienne

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