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L'attaque du Westgate racontée par deux survivantes

02/10/2013 04:14 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

Une famille canadienne qui a survécu à l'attaque du centre commercial Westgate, il y a deux semaines, remet en question le travail des forces de sécurité kenyanes.

Originaires de North Bay en Ontario, la travailleuse humanitaire Johanna Klemm et sa fille de 16 ans, Vanessa, étaient sur place lorsque l'attaque s'est produite.

« J'ai entendu une explosion », raconte Vanessa, qui dînait avec sa mère lorsque le commando islamiste a fait irruption dans le centre commercial.

« Je me suis immédiatement jeté au sol, poursuit-elle. J'entendais des coups de feu, des vitrines qui volaient en éclats. Un projectile s'est logé dans le siège juste à côté de moi. Des gens criaient et courraient partout. Ma mère a tout de suite contacté les forces de sécurité locales et celle de l'ONU. »

« Il a fallu attendre 30 minutes avant que les premiers signes d'aide se présentent », ajoute son père, Kris.

« Les agents locaux sont arrivés à pied », dit-il, comme si rien ne pressait.

Kris Klemm croit que cet exemple expose des failles importantes, notamment sur les capacités des autorités locales à mener une enquête sérieuse sur les événements, qui ont fait une soixantaine de victimes.

Deux semaines après l'attaque, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Combien y avait-il d'agresseurs? Combien ont été arrêtés? Certains se sont-ils échappés? L'effondrement du toit du centre commercial a-t-il été causé par les attaquants ou les forces de l'ordre?

Des journaux de Nairobi rapportent¨qu'un député local exige une enquête publique. Selon lui, les signes d'une attaque imminente ont été ignorés par les forces de sécurité.

Une expérience traumatisante

Deux semaines après les événements, Vanessa Klemm sursaute encore quand elle entend des bruits violents.

« Durant la première semaine après l'attaque, j'avais des cauchemars, c'était vraiment effrayant, avoue-t-elle. Mais c'est terminé maintenant. Je pense que c'est un signe que je vais mieux. »

« J'ai dessiné un attrape-rêves, poursuit-elle. C'était pour ne pas perdre mon coeur et mon âme, qui peuvent se perdre après un événement tragique comme celui-là. J'essaie de retenir ces petits bouts de moi que j'ai perdus dans l'attaque, comme la foi et la confiance. »

D'après le reportage de Christian Noël

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