NOUVELLES

La censure, une menace réelle aux États-Unis, selon l'Association des bibliothèques

02/10/2013 02:34 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

Chaque automne, la Semaine des livres interdits met en vedette les livres qui font l'objet de demandes de retrait aux États-Unis afin de défendre la « liberté de lecture ».

Lancé en 1982, l'événement, initié par le bureau pour la liberté intellectuelle de l'American Library Association (ALA), se déroule cette année du 30 septembre au 6 octobre.

Les écoles, les bibliothèques et les librairies sont invitées à organiser des événements ou des expositions autour des titres les plus contestés. L'association veut ainsi sensibiliser les citoyens à la censure à laquelle bibliothèques et écoles seraient confrontées.

L'ALA tient à jour une base de données des livres ayant fait l'objet de plaintes et de demandes de retrait. Ses sources sont les médias, mais elle compte aussi sur la vigilance de bibliothécaires et d'enseignants partout au pays pour lui rapporter ce type d'incidents.

De 2000 à 2009, plus de 5000 plaintes ont été enregistrées par le bureau pour la liberté intellectuelle de l'ALA.

Parmi les auteurs les plus touchés par les demandes de retrait durant cette période, on trouve J.K. Rowling, Suzanne Collins, Mark Twain, John Steinbeck, Judy Blume ou encore Stephenie Meyer.

Les classiques de la littérature ne sont pas non plus à l'abri. Si William S. Burroughs (Le festin nu), D.H. Lawrence (L'amant de Lady Chatterley) et Vladimir Nabokov (Lolita) figurent sans surprise sur la liste des auteurs classiques « menacés » selon l'ALA, on y trouve également les noms de Tolkien, de Joyce, d'Hemingway et de Faulkner.

Le contenu sexuellement explicite et le langage injurieux sont les raisons les plus invoquées pour demander le retrait d'un livre. Suivent de près le caractère inapproprié pour un groupe d'âge, la violence et l'homosexualité.

À noter, ce sont les parents qui déposent le plus de plaintes.

Comme elles ne relèvent pas de la justice, ces plaintes restent la plupart du temps sans suite, et les œuvres demeurent accessibles au public. Mais l'ALA déplore que de nombreux retraits passent sous silence.

La vigilance et la mobilisation des citoyens jouent alors un rôle-clé, comme ça a récemment été le cas pour Persepolis, de Marjane Satrapi, retiré du programme de 7e année des écoles publiques de Chicago à cause d'un « contenu inapproprié pour des enfants de 12-13 ans ».

Les élèves se sont mobilisés dans les médias, la rue et les réseaux sociaux afin de dénoncer l'interdiction de cette BD sur la vie d'une adolescente en Iran pendant la révolution.

Leurs efforts ont payé : le roman graphique a été retiré des classes, mais pas des bibliothèques scolaires.

PLUS:rc