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Formation pratique en emploi: des PM croient qu'Ottawa doit changer le programme

02/10/2013 04:27 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

TORONTO - Le gouvernement fédéral doit apporter des changements importants à son programme Subvention canadienne pour l'emploi, sans quoi les fonds alloués aux formations pratiques en emploi seront voués à l'échec, ont prévenu les premiers ministres de deux provinces, mercredi.

Ottawa doit se montrer conciliant et accepter d'éventuels changements car la formule de la «taille unique» adoptée par le gouvernement fédéral ne fonctionnera tout simplement pas, ont prévenu la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, et son homologue du Nouveau-Brunswick, David Alward.

«Si le gouvernement fédéral tient mordicus à aller de l'avant sans instaurer de dialogue, les provinces ont fait savoir qu'elles n'y participeraient pas», a souligné M. Alward lors d'une rencontre à Toronto avec des représentants du marché de l'emploi. «Cela ne fait aucun doute.»

En juin, au Conseil de la fédération, la première ministre du Québec, Pauline Marois, avait convaincu ses homologues de dénoncer la formule du «mur-à-mur» proposée par Ottawa. Les provinces s'étaient alors entendues pour demander au gouvernement fédéral un droit de retrait avec pleine compensation financière de son futur programme Subvention canadienne pour l'emploi.

Les 33 participants à la réunion de mercredi à Toronto ont tous déclaré que des modifications devraient être apportées au programme de formation de la main-d'oeuvre, et trois seulement ont indiqué être prêts à appuyer le programme, a de son côté mentionné Mme Clark. Les petites entreprises ont elles aussi fait part de leurs inquiétudes.

Les organisations qui sont sur le terrain à livrer la formation sont aussi celles qui sont le plus inquiètes quant aux conséquences de ce programme, a-t-elle soutenu.

«Je crois que cela illustre vraiment l'inquiétude qui règne face à l'option de la taille unique, et que cela ne fonctionnera tout simplement pas dans la réalité de tous les jours, où des formations sont données et où les travailleurs obtiennent ce dont ils ont besoin pour vraiment s'intégrer au marché», a poursuivi Mme Clark.

En vertu de ce programme, le gouvernement fédéral redistribuerait lui-même aux employeurs une partie de la somme jusqu'ici allouée aux provinces et territoires pour la formation de la main-d'oeuvre. Ottawa prévoit attribuer aux employeurs 15 000 $ par travailleur; les gouvernements des provinces et territoires, de même que les employeurs, injecteraient de leur côté 5000 $ chacun.

Or, les provinces craignent que l'instauration d'un tel programme ne les prive de la liberté d'allouer l'argent aux secteurs qui en ont le plus besoin, en plus de menacer les programmes provinciaux déjà existants. Elles estiment qu'elles devraient dégager plus de 600 millions $ pour maintenir leurs programmes en cours et être en mesure d'assumer les coûts entraînés par Subvention canadienne pour l'emploi.

Une porte-parole du ministre fédéral de l'Emploi et du Développement social, Jason Kenney, a indiqué qu'il rencontrerait les premiers ministres des provinces et territoires cet automne à cet égard. Dans un communiqué, M. Kenney soutient que le programme a été conçu pour répondre à une demande des employeurs, qui souhaitaient mieux se faire entendre dans les programmes de formations à l'emploi.

«Cela permettra d'asseoir à une même table les gouvernements fédéral, des provinces et des territoires, de même que les employeurs pour investir dans la formation axée sur les compétences, de sorte que les Canadiens sans emploi ou sous-utilisés pourront se qualifier pour les postes bien rémunérés et de haute qualité qui sont disponibles sur le marché.»

Bien que les conservateurs aient déjà dépensé des millions de dollars en publicités pour la promotion de Subvention canadienne pour l'emploi, le programme n'existe toujours pas et doit encore être négocié avec les principaux intervenants.

Mme Clark et M. Alward, qui avaient été mandatés par leurs homologues des provinces et territoires, lors de la dernière rencontre du Conseil de la fédération, pour examiner l'ébauche du programme, ont également indiqué qu'ils souhaitaient avoir l'avis des employeurs et des organismes sans but lucratif.

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