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Baisse des bénéficiaires de l'assurance-emploi, surtout dans l'Atlantique

02/10/2013 02:28 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - La baisse soudaine du nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi observée dans l'Atlantique laisse croire que la réforme d'Ottawa a des conséquences néfastes qui n'iront qu'en s'aggravant, à l'heure où les industries saisonnières procèdent à des licenciements, soutient un économiste.

Pour Erin Weir, économiste au syndicat des Métallos, il ne fait aucun doute que la réforme de l'assurance-emploi cible d'abord et avant tout les travailleurs saisonniers: les statistiques prouvent déjà en effet que la baisse la plus importante du nombre de bénéficiaires a été observée dans les provinces de l'Atlantique, a-t-il soutenu.

Affirmant qu'on n'assiste pas à une baisse du taux de chômage mais plutôt à une baisse du nombre de prestataires de l'assurance-emploi, M. Weir croit que cette tendance semble refléter la volonté du gouvernement fédéral de fermer l'accès au programme à un plus grand nombre de Canadiens.

Le nombre de travailleurs sans emploi a stagné à environ 1,4 million de Canadiens depuis au moins un an, a-t-il indiqué. Or, les chiffres de Statistique Canada révèlent qu'en juillet, le nombre de personnes touchant des prestations d'assurance-emploi était en baisse de près de six pour cent partout au pays par rapport à l'an dernier. À Terre-Neuve-et-Labrador, la baisse était de 11 pour cent, tandis qu'elle atteignait 16 pour cent à l'Île-du-Prince-Édouard, 12 pour cent en Nouvelle-Écosse et 9,0 pour cent au Nouveau-Brunswick.

Au Québec, en Ontario et en Alberta, la baisse s'est établie à 3,0 pour cent; elle était de 11,5 pour cent en Colombie-Britannique, 12 pour cent au Manitoba et sept pour cent en Saskatchewan.

Le gouvernement fédéral soutient de son côté que les nouvelles règles du programme d'assurance-emploi, instaurées en juin, se veulent un effort «modeste et raisonnable» pour s'assurer que le système soit bel et bien flexible et équitable.

Les modifications apportées ne changent pas les exigences d'admissibilité au programme, dont le nombre d'heures de travail effectuées pour déposer une demande, a indiqué dans un courriel un porte-parole du ministère de l'Emploi et du Développement social.

«Nous attendons seulement des bénéficiaires qu'ils recherchent du travail dans leur communauté, et ce à une heure ou moins de transport de leur domicile. En outre, les circonstances personnelles sont prises en compte — comme par exemple l'accès au transport en commun et à des services de garde», mentionne-t-on dans le courriel.

M. Weir estime toutefois que les statistiques parlent d'elles-mêmes. «Je pense effectivement que nous observons actuellement les conséquences des compressions fédérales dans l'assurance-emploi», a-t-il soutenu.

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