NOUVELLES

Anthony Mantha a ajouté la hargne à ses capacités de marqueur chez les Foreurs

02/10/2013 04:06 EDT | Actualisé 02/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Les clubs de la LNH ont beau avoir un penchant pour les joueurs de grande taille, le gabarit ne fait pas foi de tout. L'ailier gauche des Foreurs de Val-d'Or Anthony Mantha l'a bien compris.

Comme bien de jeunes hockeyeurs plus grands que la moyenne, Mantha s'est longtemps fié à sa taille pour obtenir des résultats qui avaient tendance à venir facilement, sans qu'il ait besoin de pousser la note.

Puis, ça s'est mis à se corser dans le midget AAA. Et un peu plus encore à sa première année junior, quand il a inscrit 22 buts et 29 aides au profit des Foreurs.

Puis, le déclic s'est fait. Un déclic qui porte le nom de Mario Durocher. L'entraîneur des Foreurs, qui s'est amené à Val-d'Or à l'automne 2012, s'est alors mis sur le cas de l'athlète de six pieds, cinq pouces et 204 livres.

«Les dépisteurs de la LNH n'avaient aucun doute sur son talent de marqueur mais ils doutaient de sa hargne, a raconté Durocher lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. Ils venaient nous voir et se demandaient s'il allait être capable de remporter ses batailles individuelles une fois en séries.»

Durocher a relayé le message à Mantha, et celui-ci a vite accepté de commencer le processus d'apprentissage à ce chapitre.

«On a commencé au début de la saison passée à vraiment travailler là-dessus, a déclaré celui qui a été proclamé première étoile de la semaine dans la LHJMQ, lundi. Rendu aux séries c'était bon, mais pas encore parfait, et là cette saison c'est encore meilleur, même si ce n'est pas encore parfait. C'est vraiment un processus à long terme.»

L'effort investi a toutefois vite rapporté puisque Mantha a été le seul joueur de la LHJMQ à atteindre le cap des 50 buts, l'hiver dernier. Ça lui a ensuite valu d'être repêché au premier tour — 20e au total — par les Red Wings de Detroit, en juin dernier, et en début de semaine il occupait le premier rang des marqueurs du circuit Courteau avec 14 points (8-6) en cinq matchs, à égalité avec deux joueurs.

«C'est surtout ma préparation d'avant-match qui a changé, a noté Mantha. Je visualise davantage des situations où je dois finir une mise en échec, ou encore utiliser mon corps pour prendre possession de la rondelle, et ensuite on dirait que ça vient plus facilement pendant les matchs.»

«Anthony était déjà un marqueur naturel et son éthique de travail ne faisait pas défaut, mais il devait améliorer sa façon d'aborder les batailles à un contre un, autant offensivement que défensivement, a noté Durocher. Et cette saison, on voit qu'il est plus solide sur patins, qu'il utilise plus son corps et sa taille pour aller au filet.»

Mantha sait que cet apprentissage lui sera utile pour percer un jour la formation des Red Wings, mais il compte aussi là-dessus pour tenter de se faire une place au sein de l'équipe canadienne junior cet hiver.

Le Longueuillois de 19 ans a été invité au camp de développement de l'équipe U-20, en août, et il compte prouver qu'il mérite de participer au prochain championnat du monde.

«J'ai cherché à jouer pas mal ce rôle-là (celui de joueur d'énergie) cet été, parce que l'équipe compte déjà plusieurs bons joueurs (à l'aile gauche), comme Jonathan Drouin et Connor McDavid, a noté Mantha. J'espère qu'en y ajoutant mes capacités à l'attaque, les deux aspects du jeu mis ensemble vont me permettre de poursuivre mon cheminement.»

C'est cette même approche qu'il adoptera cette saison avec les Foreurs.

«Je ne me suis pas fixé d'objectifs pour les points ou les buts, a-t-il dit. En revenant du camp d'entraînement des Red Wings, je me suis dit qu'il fallait simplement que je m'attarde aux petits détails et qu'en faisant ça, les points viendraient.»

«Je n'ai absolument aucune crainte en ce qui concerne ses qualités à l'attaque, a souligné Durocher. Mais c'est important de peaufiner les autres aspects de son jeu pour que son profil soit encore plus celui d'un hockeyeur professionnel.»

Selon le pilote des Foreurs, Mantha a emprunté la même voie qu'un joueur comme Sean Couturier, qui s'aligne maintenant avec les Flyers de Philadelphie.

«Ce sont tous deux des gros bonhommes qui travaillent fort en dehors de la glace, qui ont un bon gabarit mais qui ont aussi une bonne vitesse et qui sont intelligents avec la rondelle, notamment dans leur façon de la protéger», a noté le vétéran entraîneur.

PLUS:pc