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Trois manifestantes seins nus perturbent la période de questions au Salon bleu

01/10/2013 03:45 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

QUÉBEC - Des militantes dénonçant la place du crucifix à l'Assemblée nationale ont perturbé la période des questions, mardi, en exhibant leurs seins nus couverts de slogans.

Les trois jeunes femmes, qui revendiquent leur affiliation au mouvement Femen, ont amorcé leur coup d'éclat alors que la première ministre Pauline Marois commençait à répondre à une question du chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier.

Dans les tribunes ouvertes au public, dans les hauteurs du Salon bleu, les militantes ont scandé leur slogan, «Crucifix décâlisse», aussi inscrit sur leur torse, suscitant aussitôt une intervention des services de sécurité.

Plusieurs agents ont maîtrisé les jeunes femmes et les ont expulsées hors de l'enceinte, dans un hall attenant, tandis que les travaux parlementaires étaient interrompus brièvement.

Stéphanie «Sun Art», Julie-Anne Beaulac et Xenia Chernyshova ont été forcées de se rhabiller, au moins deux d'entre elles avec des vestes que les agents leur ont données. Puis elles ont été escortées, à travers le Salon rouge, jusque dans les sous-sols du Parlement.

En fin d'après-midi, Mme Beaulac a expliqué lors d'une entrevue qu'avec Stéphanie «Sun Art», elles avaient été relâchées une heure après leur manifestation en Chambre.

«Ils nous ont lu nos droits, nous ont dit que la police s'en venait, qu'ils nous mettraient les menottes parce que la police nous emmènerait au poste et finalement rien de ça est arrivé, ils nous ont libérées», a-t-elle dit.

Mme Beaulac a affirmé que les agents les ont avisées que des accusations criminelles de grossière indécence pourraient être déposées contre elles.

Il n'était pas encore possible de savoir ce qu'il est advenu de Xenia Chernyshova, qui a été séparée des deux autres militantes par les agents.

Selon Mme Beaulac, les services de sécurité de l'Assemblée nationale les avaient repérées et se tenaient prêts à intervenir au moment où elles retireraient leurs vêtements.

«Ils nous ont dit en partant qu'ils avaient eu des problèmes avec Femen, qu'ils ne voulaient pas qu'on fasse quelque chose mais ils nous ont laissées assister quand même, a-t-elle dit. Mais ils sont restés postés directement à côté de nous.»

Mme Beaulac a expliqué que l'action des trois jeunes femmes visait à dénoncer la présence du crucifix derrière le trône du président de l'Assemblée nationale, où il a été installé dans les années 1930 par l'ancien premier ministre Maurice Duplessis.

«En ce moment, on parle de la charte, on parle de laïcité au Québec dans l'État et on vote ça sous un crucifix, a-t-elle dit. On pense que c'est complètement aberrant, c'est illogique pour l'égalité de toutes les religions, ce n'est pas logique qu'on vote ça en-dessous d'un crucifix.»

La militante ne s'est pas prononcée sur les propositions du gouvernement, qui suggère notamment d'interdire les signes religieux ostentatoires aux fonctionnaires, insistant seulement pour le retrait du crucifix.

«Femen Québec ne va pas se prononcer là-dessus, on a toutes nos opinions personnelles. Pour l'instant on croit qu'il y a des améliorations à apporter, a-t-elle dit. On est ni pour ni contre.»

Mme Beaulac a affirmé qu'elle en était à sa sixième manifestation Femen, dont une s'est tenue au Parlement d'Ottawa, l'été dernier, afin de réclamer le retour au pays d'une Québécoise qui se trouve en Arabie saoudite.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a déposé au début de septembre ses propositions en matière de laïcité, qui ne visent toutefois pas le crucifix à l'Assemblée nationale.

M. Drainville a accueilli la manifestation par une pointe d'humour, mardi, la qualifiant d'«ostentatoire».

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