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L'académie de l'Impact a déjà commencé à atteindre ses objectifs

01/10/2013 03:00 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - À la lumière des récentes performances de Maxim Tissot, Wandrille Lefèvre et Karl W. Ouimette, l'académie de l'Impact peut déjà dire mission accomplie.

Lorsque Philippe Eullaffroy a hérité de la direction de l'académie du club montréalais en mars 2010, il s'était fixé l'objectif de fournir un ou deux joueurs par année à l'équipe première.

Ouimette a fait le grand saut en juin 2012, pendant la première saison de l'Impact en MLS, tandis que Lefèvre et Tissot ont fait de même à l'aube de la présente campagne. Ils ont tous trois disputé des matchs, que ce soit en championnat régulier ou en Ligue des champions de la CONCACAF, et montré qu'ils étaient à leur place à ce niveau.

«L'objectif, c'était d'en placer trois à tous les deux ans, a souligné Eullaffroy lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. On sera donc content si, l'année prochaine, on est capable d'en amener un autre.»

Le gardien Maxime Crépeau et le milieu Zakaria Messoudi ont également signé un contrat professionnel avec l'Impact après être passés par l'académie, et le groupe des «diplômés» pourrait continuer de grossir l'an prochain, estime Eullaffroy.

«Nous en aurons peut-être un ou deux autres qui ne seront pas loin l'année prochaine. Je ne sais pas s'ils pourront faire le saut dès 2014, mais nous espérons les préparer au moins pour 2015, a indiqué celui qui est aussi un des adjoints de Marco Schällibaum avec l'Impact. La suite arrive, nous continuons à travailler.»

Le boulot qui se fait à l'académie de l'Impact ne laisse pas grand-chose au hasard.

«C'est un travail à raison de six entraînements par semaine, pour un total de 270 séances et de 45 matchs par année, a énuméré Eullaffroy. C'est 11 mois sur 12 de souffrances, de plaisirs, de succès et d'échecs dans un environnement qui, je pense, est de qualité pour permettre le développement du potentiel des jeunes.

«Il y a aussi énormément de travail en dehors du terrain afin qu'ils connaissent bien l'environnement (professionnel) dans lequel ils vont baigner.»

Né en France et arrivé au Québec en 2003, Lefèvre est le premier à reconnaître que l'académie de l'Impact a eu une forte influence sur son développement.

«Il y a deux ans, je n'étais pas aussi athlétique que je le suis maintenant, et je n'étais pas aussi intelligent au point de vue footballistique, a affirmé le défenseur de 23 ans en début de semaine. Et mentalement, je suis devenu quelqu'un qui s'inspire beaucoup de Jeb (Brovsky) et Davy (Arnaud), c'est-à-dire très travaillant et combatif.»

L'encadrement étoffé de l'académie a permis à Lefèvre et Tissot de connaître des débuts en MLS qui sont déjà plus prometteurs que ceux d'autres jeunes joueurs recrutés par d'autres moyens — tels que Andrew Wenger, le premier choix au repêchage de l'Impact en 2012.

«À chaque fois que tu recrutes un joueur (de l'extérieur), tu prends un risque, a souligné Eullaffroy, sans identifier un joueur en particulier. Tu connais le niveau de l'athlète et tu essaies d'imaginer ce qu'il pourra donner dans ton groupe, mais il reste quand même beaucoup d'inconnues, comme sa capacité de s'adapter à la ligue et au mode de vie d'ici, ainsi que son caractère comme personne. Tu essaies de minimiser ces inconnues en faisant un dépistage important, mais reste que c'est seulement lorsqu'on vit avec la personne qu'on la découvre.

«Un jeune de l'académie, lui, a passé trois ou quatre ans avec nous — et un jour, dans certains cas, ce sera 10 ans —alors c'est évident qu'on le connaît par coeur. On a pris du temps à le former, à l'éduquer, à le voir à l'entraînement... Donc le risque d'erreur est très réduit par rapport à quelqu'un qui vient de l'extérieur.»

Eullaffroy reconnaît d'ailleurs que la mise sur pied d'académies un peu partout dans la MLS pourrait faire en sorte que le repêchage du circuit Garber devienne un jour moins important aux yeux des clubs.

«Le repêchage universitaire restera utile parce qu'il y a quand même une masse de joueurs importants (dans la NCAA), a-t-il avancé. Il y aura toujours des joueurs intéressants au premier tour. Mais je pense que l'intérêt deviendra limité pour les autres rondes, car il reste à voir si les deuxième et troisième tours nous permettront de recruter des joueurs de meilleure qualité qu'à l'académie.»

Le président de l'Impact Joey Saputo, qui finance personnellement l'académie à raison d'une contribution annuelle de près de 1 million $, a donné un autre coup de pouce aux espoirs de l'organisation, mardi. Il a inauguré un nouveau terrain synthétique, situé entre le stade Saputo et le Stade olympique, qui sera mis à la disposition de l'académie, des écoles de soccer du club et de la communauté de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

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