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La police devrait tirer profit de la popularité de la vidéo, estime un enquêteur

01/10/2013 08:24 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

MISSISSAUGA, Ont. - La montée en flèche de la popularité de la vidéo sur les médias sociaux est une révolution que les corps policiers devraient accueillir à bras ouverts plutôt que d'y résister, affirme le directeur sortant de l'agence ontarienne chargée d'enquêter sur les interventions policières potentiellement répréhensibles.

Réfléchissant à ses cinq années en tant que directeur de l'Unité des enquêtes spéciales (UES), Ian Scott a affirmé que la vidéo avait eu un impact énorme et que la police devrait s'en servir davantage.

M. Scott, qui quitte son poste ce mois-ci à l'âge de 61 ans, aimerait que les policiers portent des caméras de boutonnière pour enregistrer leurs interactions avec le public.

Il souhaiterait aussi que les pistolets électriques soient équipés de «Tasercams», des caméras qui enregistrent du son et des images lorsque l'arme est prête à tirer.

Cette caméra, d'une valeur de 400 $, est un bien faible investissement comparativement aux millions d'heures d'enquête qui seront économisées, a-t-il fait valoir.

M. Scott estime qu'il s'agirait de la meilleure solution pour garantir que le pistolet Taser est utilisé à bon escient.

«Les vidéos sont des images sur lesquelles les policiers n'ont aucun contrôle. Elles portent à l'attention du grand public la question de l'usage de la force par la police», a-t-il affirmé.

Entre autres cas notoires, la vidéo a joué un rôle important dans le récent dossier du jeune Sammy Yatim, tué par un policier dans un tramway à Toronto, et dans celui de la mort de Robert Dziekanski à l'aéroport de Vancouver en 2007, après avoir été atteint par un pistolet électrique.

M. Scott, un ancien procureur de la Couronne et avocat de la défense, concède qu'il est difficile de poursuivre les policiers en justice. «Ils ont accès à de bons avocats et à beaucoup d'argent pour se défendre», a-t-il souligné.

Il a porté 57 accusations dans l'exercice de ses fonctions. Vingt-et-un cas sont présentement débattus en cour. Des 36 autres, 14 se sont soldés par un verdict de culpabilité.

En tout, environ quatre pour cent des cas sur lesquels l'agence a enquêté ont mené à des accusations. Ce faible pourcentage n'inquiète pas M. Scott, qui assure que les dossiers ont été attentivement scrutés.

L'UES est appelée lorsque des interventions policières mènent à des décès ou à de graves blessures. Alors que le concept de décès ne fait aucun doute, celui de «blessure grave» demeure nébuleux.

M. Scott croit que la justice devrait créer une définition de ce concept qui serait utilisée partout en Ontario.

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