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Canadiens détenus en Égypte: le gouvernement affirme faire tout ce qu'il peut

01/10/2013 07:49 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST

OTTAWA - À la demande du premier ministre Stephen Harper, le gouvernement fait «absolument tout ce qu'il peut» pour faire libérer les deux Canadiens détenus sans accusations en Égypte, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Lors d'un point de presse mardi, le ministre a spécifié que les plus hauts responsables du gouvernement faisaient tout en leur pouvoir pour assurer la libération des deux Canadiens.

M. Baird a également nié certaines informations selon lesquelles les deux Ontariens pourraient être accusés de meurtre. D'après le ministre, ces accusations concerneraient un groupe plus large de manifestants et ne viseraient pas directement John Greyson et Tarek Loubani.

Plus de sept semaines après avoir été arrêtés au Caire lors des manifestations ayant suivi la destitution du président Mohammed Morsi, le cinéaste torontois John Greyson et le médecin Tarek Loubani, originaire de London, en Ontario, ont appris lundi qu'ils demeureraient en prison pour encore 45 jours.

Dans une déclaration publiée samedi, les deux hommes ont raconté avoir quitté leur hôtel du Caire le 16 août pour observer une manifestation antigouvernementale, lorsque M. Loubani a entendu des gens demander l'aide d'un médecin.

Celui-ci a alors commencé à soigner des manifestants blessés, pendant que M. Greyson filmait l'action. Les deux hommes ont été arrêtés par la suite, alors qu'ils retournaient à leur hôtel.

Les deux Canadiens ont affirmé être détenus dans des conditions dégradantes. Ils disent avoir été battus et jetés dans une cellule infestée de cafards.

«Je ne veux pas me lancer dans une rhétorique qui pourrait nuire à leur libération. Je veux juste dire que nous avons de franches discussions avec les autorités égyptiennes concernant cette affaire», a déclaré le ministre Baird.

Le ministre a expliqué que le gouvernement faisait pression sur les fronts politique et judiciaire. Il a indiqué que des rencontres avaient eu lieu entre l'ambassadeur canadien au Caire et le procureur général d'Égypte. Les ambassadeurs des deux pays ont également participé à des discussions, a souligné M. Baird, rappelant également ses propres pourparlers avec le ministre égyptien des Affaires étrangères.

«J'ai expliqué dans des propos très clairs que cela posait un problème significatif à notre relation bilatérale», a dit M. Baird. «C'est tout simplement inacceptable que des Canadiens puissent être détenus pour une si longue période sans être formellement accusés.»

«Je crois que ce que les Canadiens doivent savoir, c'est que le premier ministre a demandé que toutes les ressources possibles soient mobilisées pour résoudre ce problème le plus rapidement possible», a-t-il affirmé.

Les procureurs égyptiens ont accusé MM. Loubani et Greyson d'avoir participé, avec des membres des Frères musulmans, à une attaque contre un poste de police, mais ils n'ont pas déposé d'accusations formelles.

Dans leur déclaration, les deux détenus disent avoir vu plus de 50 personnes mourir lors de l'arrestation de masse.

Ils avaient prévu passer la nuit au Caire pour se rendre le lendemain à Gaza, dans les Territoires palestiniens, où M. Loubani devait faire du travail humanitaire documenté par M. Greyson. Ils ont changé leurs plans à la dernière minute pour observer une manifestation qui débutait sur la place Ramsès, à quelques coins de rue de leur hôtel.

L'agitation populaire a gagné le Caire peu après que le président Mohammed Morsi eut été chassé du pouvoir par l'armée égyptienne, poussant ses partisans à envahir les rues.

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