POLITIQUE

Allégations de corruption: Deltell propose d'étendre les pouvoirs du DGE

01/10/2013 11:26 EDT | Actualisé 01/12/2013 05:12 EST
PC

La Coalition avenir Québec (CAQ) déposera une motion à l'Assemblée nationale visant à étendre jusqu'à 1997 la période sur laquelle le Directeur général des élections (DGEQ) peut enquêter concernant l'usage de prête-noms et demandant aux partis politiques de rembourser les sommes illégales qui ont pu leur être versées.

Le leader parlementaire de la CAQ, Gérard Deltell, en a fait l'annonce mardi. Cette motion devrait être débattue mercredi en Chambre.

« Nous allons déposer une motion où on demande à tous les partis de rembourser, si par malheur des sommes illégales ont été versées, et donner plus de pouvoir au DGEQ pour que ceux-ci puissent s'appliquer non pas pour les cinq dernières années, mais pour toute la période couverte par la commission Charbonneau, donc depuis 1997 », dit-il.

« J'ai écouté hier le reportage [de Radio-Canada] et été choqué de ce que j'ai appris. Mais il faut rappeler que ce que Lino Zambito a dit hier, il l'avait dit à la commission Charbonneau il y a exactement 50 semaines. Les trois partis, ADQ, PLQ, PQ, étaient visés par l'usage de prête-noms. Nous nous sommes toujours engagés à rembourser toutes les sommes et ce pour toute la période couverte par commission Charbonneau. Les autres partis ne se sont pas prononcés là-dessus », rappelle le député de Chauvreau.

« Le DGEQ est la meilleure entité pour enquêter sur l'utilisation de prête-nom, parce que c'est une entité neutre et indépendante », ajoute-t-il.

Financement de l'ADQ

Cette annonce survient à la suite de révélations de Radio-Canada, selon lesquelles l'ancien chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a rencontré en privé, en 2008, des entrepreneurs qui auraient financé son ex-parti politique illégalement. Rappelons que la CAQ et l'ADQ ont fusionné début 2012.

Selon l'enquête de Radio-Canada, le sénateur conservateur Léo Housakos, qui était un des responsables du financement de l'ADQ et des conservateurs de Stephen Harper, au Québec, a approché un de ces entrepreneurs pour qu'il finance l'ADQ. C'est l'entrepreneur Lino Zambito, l'une des vedettes de la commission Charbonneau, qui admet aujourd'hui avoir financé l'ADQ à l'aide du système illégal des prête-noms.

M. Housakos aurait demandé à M. Zambito de financer le parti à hauteur de 30 000 $ par année.

Léo Housakos a nié les révélations de Radio-Canada, à la suite de la diffusion du reportage. M. Housakos prétend que c'est Lino Zambito qui l'a approché pour financer l'ADQ et non l'inverse. Il dénonce aussi le reportage d'ICI Radio-Canada télévision le qualifiant de « complètement diffamatoire et erroné ». Il reproche à la Société Radio-Canada d'avoir construit son reportage sur l'interprétation d'un entrepreneur en construction controversé.

De son côté, l'ancien chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'est défendu d'avoir été au courant des activités de financement illégal qui avait cours au sein de son parti. Au début de son émission télévisée mardi sur les ondes de LCN, M. Dumont a profité de sa tribune pour faire cette mise au point. Il soutient que le fait qu'il ait remercié les donateurs - les petits comme les plus importants - ne prouve pas qu'il savait que des donateurs recouraient au système des prête-noms.