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La Cour d'appel met la demande de reprise du procès Turcotte en délibéré

30/09/2013 04:13 EDT | Actualisé 29/11/2013 05:12 EST

La Cour d'appel du Québec doit maintenant déterminer si le juge en première instance du procès de Guy Turcotte a fait des erreurs qui justifieraient la tenue d'un nouveau procès. L'ex-cardiologue, qui a reconnu avoir tué ses deux enfants en 2009, n'a pas été tenu responsable de ses actes.

La Couronne et la défense ont présenté leurs arguments aux trois juges de la Cour d'appel, lundi. Ceux-ci amorcent maintenant leurs délibérations et rendront une décision dans quelques semaines.

Selon la poursuite, le verdict de 2011 est erroné, puisque la preuve ne permettait pas de conclure à un trouble mental au sens du Code criminel.

La Couronne allègue qu'un accusé ne peut s'intoxiquer volontairement et ensuite plaider son état pour se défendre. Rappelons que le soir où Guy Turcotte a poignardé sa fille de 3 ans et son fils de 5 ans, il avait ingéré une quantité importante de lave-glace pour tenter de mettre fin à ses jours.

Selon la poursuite, le juge a commis une faute en omettant d'expliquer au jury que l'état mental de l'accusé, lors des meurtres, n'était pas seulement attribuable à sa maladie mentale, mais aussi à une intoxication volontaire.

La Couronne a ajouté que même les experts sont incapables de déterminer si le trouble mental invoqué par les avocats de M. Turcotte était lié à la consommation de méthanol ou à une réelle maladie mentale.

La défense rétorque Guy Turcotte n'était pas, au moment des gestes qui lui sont reprochés, dans un état mental qui lui permettait d'exercer son libre arbitre. Me Pierre Poupart a rappelé que M. Turcotte n'avait jamais été violent. Il affirme que la maladie mentale de son client a atteint son paroxysme avec l'ingestion du méthanol.

La Couronne demande, dans le cas d'une reprise du procès, que l'accusation soit « homicide involontaire coupable ».

L'ex-conjointe de Guy Turcotte, Isabelle Gaston, qui a assisté aux audiences, s'est montrée optimiste qu'un nouveau procès soit ordonné. « Mais j'essaie tout le temps de ne plus me faire d'attente », dit-elle.

Un verdict et une libération qui ont choqué

L'ancien cardiologue a été libéré en décembre dernier, sous certaines conditions. Il était détenu à l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel depuis la fin de son procès, soit durant moins d'un an et demi. La Commission d'examen des troubles mentaux a conclu qu'il ne représentait plus un danger pour la société.

Le verdict ainsi que la remise en liberté rapide de Guy Turcotte ont choqué de nombreux Québécois.

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