Depuis le XIXè siècle, les linguistes ont la certitude que toutes les langues d'origine indo-européenne comme le grec ou le latin, ont le même ancêtre commun. Il s'agit d'une langue très sobrement baptisée le proto-indo-européen, ou indo-européen commun. Elle était parlée par les peuples du même nom entre 4500 et 2500 avant J.C.

S'il ne reste aucune trace écrite de cette langue perdue, le linguiste Andrew Byrd de l'Université du Kentucky a récemment essayé de lui donner corps. Spécialiste de l'indo-européen, l'homme s'est attelé à écrire et à réciter une fable indo-européenne, "Le cheval et le mouton", ainsi qu"une histoire provenant du Sanskrit : "Le roi et le dieu".

LIRE AUSSI:
» Un poilu retrouvé dans la Marne 98 ans après sa mort‎
» Le mammouth bientôt ressuscité grâce à son ADN?

"Le cheval et le mouton" est un cas intéressant puisqu'en 1868, le linguiste Allemand August Schleicher l'avait déjà traduite et réécrite afin de voir à quoi pouvait ressembler ce langage.

Ecoutez la retranscription:

Pour savoir comment cette langue "sonnait", le linguiste s'est inspiré de nos connaissances en matière de Grec, de Latin et de Sanskrit. Dans une interview avec nos confrères de l'édition américaine du Huffington Post, Byrd explique que sa version de la fable "Le cheval et le mouton" n'est qu'une "approximation" de ce à quoi l'Indo-européen commun devait ressembler.

Son interprétation repose sur une version du texte transcrite en Indo-européen commun par le mentor de Byrd, le linguiste Craig Melchert de l'Université de Californie à Los Angeles. Voilà à quoi il ressemble tel qu'imprimé dans la revue Archeology. Vu comme ça, ça ne parle pas, mais lire le texte tout en écoutant son interprétation par Byrd rend la chose plus intéressante:

the sheep and the horses

Et voici ce que ça donne en Français:

"Un mouton qui n'avait pas de laine vit des chevaux, l'un d'entre eux tirant un chariot, l'autre portant une grosse charge, l'autre portant un homme et allant plus vite. Le mouton dit aux chevaux: "Mon coeur souffre de voir un homme dirigeant des chevaux." Les chevaux dirent: "Écoute, mouton, notre coeur souffre quand nous voyons ceci: un homme, le maître, prend la laine du mouton pour en faire un vêtement. Et le mouton n'a plus de laine. Ayant écouté cela, le mouton partit dans la plaine."

Parmi les langues qui descendent tout droit des premières langues indo-européennes on trouve l'Anglais, le Suédois, ou encore le Farsi, parlé en Iran. "Il y a 6500 ans, le Farsi et l'Anglais étaient la même langue, souligne Byrd, c'est assez cool quand on y pense, et ça nous donne un sentiment d'unité." Avis aux diplomates qui travaillent sur la question du nucléaire iranien.

Néanmoins, à cause du manque d'informations inhérent à l'étude de l'indo-européen, cette langue est l'objet de nombreux débats. Si certains pensent qu'elle était utilisée par les peuples vivant sur les steppes eurasiennes il y a 6500 ans, d'autres chercheurs estiment qu'elle était déjà utilisée en actuelle Turquie plusieurs milliers d'années auparavant.

Quant à savoir à quoi ressemblait vraiment cette langue, Andrew Byrd n'a qu'une seule solution: "construire une machine à remonter le temps".

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.