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Syrie : aucune raison de douter de Damas

29/09/2013 10:18 EDT | Actualisé 29/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada

Les experts de l'organisation chargée de superviser la destruction de l'arsenal d'armes chimiques syrien n'ont aucune raison de douter des informations fournies par les responsables du régime, qu'ils rencontreront dès mardi à Damas, a assuré dimanche l'organisation.

"En ce moment, nous n'avons aucune raison de douter des informations fournies par le régime syrien", a déclaré un responsable de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques lors d'un point de presse à La Haye, où siège l'OIAC. Le nom de ce responsable n'a pas été divulgué pour des raisons de sécurité.

Il se référait à la liste des sites de production et de stockage fournie par Damas à l'OIAC le 19 septembre dans le cadre d'un accord russo-américain prévoyant le désarmement chimique de la Syrie d'ici à mi-2014. Damas doit encore fournir des informations complémentaires sur son arsenal chimique.

Un groupe d'une vingtaine d'experts de l'OIAC doit quitter La Haye lundi pour arriver à Damas mardi vers midi. Ils doivent inspecter les sites renseignés par la Syrie et se mettront dès mardi au travail en rencontrant des responsables syriens.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a validé dans la nuit de vendredi à samedi un texte encadrant la destruction de l'arsenal chimique syrien sous la supervision de l'OIAC, une percée diplomatique majeure depuis le début du conflit, qui a fait plus de 100.00 morts.

Selon des experts, la Syrie posséderait plus de 1 000 tonnes d'armes chimiques (sarin, gaz moutarde...).

Les visites auront également pour but d'aider le gouvernement syrien à rendre inutilisables les principaux sites de production d'ici à fin octobre-début novembre, comme requis dans la résolution du Conseil de sécurité, a précisé le responsable de l'OIAC.

"Notre priorité est de rendre les sites de production inutilisables", a souligné un porte-parole de l'OIAC, Michael Luhan.

Des "méthodes expéditives" seront probablement utilisées dans un premier temps pour s'assurer que les sites ne sont plus utilisables, avant que des méthodes plus propres et durables ne viennent clôturer la destruction des sites.

Parmi les "méthodes expéditives", "cela pourrait être détruire quelque chose avec une masse", "rouler sur quelque chose avec un tank" ou "utiliser des explosifs", a précisé le responsable de l'OIAC.

"Ces méthodes ne remplissent pas les critères de la Convention (sur les armes chimiques, ndlr), donc, plus tard, nous pourrions utiliser d'autres méthodes", a déclaré la même source.

La Convention interdit en outre de déplacer les armes chimiques dans ou en dehors du pays, ce qui rend la tâche encore plus difficile dans un pays en guerre depuis mars 2011.

Quant à la perspective de travailler, précisément, dans un pays en guerre, une première pour des experts de l'OIAC, le responsable a assuré "nous ne partons pas dans une mission du type 'advienne que pourra'".

Soulignant pouvoir compter sur les évaluations des risques par une commission ad hoc de l'ONU, il a indiqué qu'en vertu de la Convention sur les armes chimiques, une des obligations de la Syrie était de s'assurer de la sécurité des experts de l'OIAC.

La Syrie s'est engagée à rejoindre la convention sur les armes chimiques après que les Occidentaux, Etats-Unis en tête, eurent brandi la menace d'une intervention militaire internationale à la suite d'une attaque au gaz sarin le 21 août ayant fait 1 500 morts, selon Washington, près de Damas.

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