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Attentat à la voiture piégée au Pakistan: au moins 40 morts

29/09/2013 07:09 EDT | Actualisé 29/11/2013 05:12 EST

PESHAWAR, Pakistan - Une voiture piégée a explosé dans une rue bondée du plus vieux bazar de la ville de Peshawar dimanche, tuant 40 personnes, ont rapporté les autorités. Il s'agit du troisième attentat à frapper cette ville instable du Pakistan au cours des sept derniers jours. Personne n'a encore revendiqué la responsabilité de l'attentat de dimanche.

L'explosion semble avoir été causée par une bombe planquée dans une voiture stationnée et détonée à distance, a affirmé l'officier Zahid Khan. Elle a explosé près d'une mosquée et d'un poste de police, causant des dommages au bâtiment de culte et aux boutiques avoisinantes, incendiant plusieurs véhicules, a décrit la police.

Au moins 40 personnes ont été tuées, et 90 blessées, a affirmé Jamil Shah, un porte-parole de l'hôpital Lady Reading, où les victimes ont été transportées.

Des attaques semblables ont fait plus de 140 morts depuis dimanche dernier à Peshawar, dans le nord du Pakistan, alors que deux attentats-suicides dans une foule de fidèles dans une église ont fait 85 morts. Vendredi, 19 personnes sont décédées lorsqu'un autobus piégé qui transportait des fonctionnaires a explosé en banlieue de Peshawar.

Le groupe militant sunnite Jundallah a revendiqué la responsabilité de l'attaque dans l'église, affirmant qu'ils visaient les chrétiens pour venger la mort de musulmans, tués dans des attaques par des drones américains.

Parmi les victimes, on comptait 14 membres d'une même famille, accompagnés d'un chauffeur et d'un assistant, en visite à Peshawar pour planifier un mariage, ont raconté d'autres membres de la famille. Mohammad Alam a affirmé que le groupe originaire d'un village voisin était venu à Peshawar pour l'inviter au mariage du fils. Selon lui, la famille se trouvait dans une camionnette lorsque la bombe a explosé.

Le propriétaire d'une librairie, Nazar Ali, venait tout juste d'ouvrir sa boutique lorsque l'explosion de dimanche a eu lieu.

«Il y a eu une gigantesque explosion, suivie d'incendies dans des véhicules. Une épaisse fumée noire a envahi l'air et des éclats se sont dispersés partout. J'ai vu des gens étendus, morts, et du sang partout», a-t-il confié.

Plusieurs des bâtiments du marché historique Qissa Khawani, faits en bois, ont facilement pris feu, a affirmé le chef policier Shafqat Malik.

Des gens ensanglantés et couverts de cendre couraient pour s'éloigner de la scène. Un homme portait un jeune enfant dont le visage semblait noir de suie.

Le gouvernement du premier ministre récemment élu Nawaz Sharfi a affirmé qu'il aimerait négocier avec les activistes pour mettre fin aux carnages, mais ces efforts ont jusqu'à maintenant peu porté fruit.

Samedi, un porte-parole des talibans a déclaré que la demande de M. Sharif de déposer leurs armes et de respecter la constitution trahissait le manque de sérieux du nouveau dirigeant à propos des discussions de paix. M. Sharif n'avait pas donné de conditions préalables aux discussions.

Selon le porte-parole, M. Sharif «démontre qu'il suit les politiques des États-Unis et ses alliés». «Nous ne discuterons avec (le gouvernement) que lorsqu'il aura vraiment le pouvoir de prendre des décisions», a-t-il déclaré.

Également dans le nord du Pakistan, deux missiles d'un drone américain ont frappé un bâtiment dans le nord du Waziristan dimanche, tuant trois membres de la filiale punjabi des talibans pakistanais, ont affirmé anonymement deux officiers des renseignements.

Le gouvernement pakistanais a condamné l'attaque à la bombe et celle du drone.

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