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Tunisie: le parti islamiste laisse sa place à un gouvernement intérimaire

28/09/2013 09:50 EDT | Actualisé 28/11/2013 05:12 EST

TUNIS, Tunisie - Le parti islamiste Ennhada, au pouvoir en Tunisie, a accepté de démissionner à la suite de négociations avec l'opposition devant débuter la semaine prochaine.

Un porte-parole du principal syndicat de travailleurs a indiqué que des mois de discussions avec le gouvernement islamiste avait finalement permis d'en arriver à une entente, samedi. Selon Bouali Mbarki, du syndicat UGTT, l'accord prévoit trois semaines de tractations pour nommer un gouvernement intérimaire non-partisan.

Voilà plus de deux ans que la Tunisie est plongée dans un climat politique instable, une situation agravée par l'assassinat d'un membre éminent de l'opposition, en juillet.

Il y a seulement une semaine, le syndicat, qui représente 500 000 travailleurs, annonçait que les discussions pour trouver une issue à l'impasse politique du pays avaient échoué. Le syndicat, l'opposition, des avocats et des défenseurs des droits de l'homme ont affirmé que l'incapacité d'Ennahda d'assurer la sécurité avait mené au meurtre du leader de l'opposition, en juillet, et à celui d'un autre en février.

La mort de Mohammed Brahmi, abattu devant sa famille le 25 juillet, a plongé la Tunisie dans la crise actuelle, alors que des dizaines de députés de l'opposition ont démissionné, suspendant les travaux de rédaction de la nouvelle Constitution. Des manifestations et la paralysie politique ont sapé les forces vives du pays.

Les manifestants tunisiens, inspirés par l'immolation par le feu d'un vendeur de fruits, ont renversé, en janvier 2011, un gouvernement autoritaire vieux de plusieurs décennies. Cette révolte populaire s'est étendue dans le monde arabe, incluant en Égypte, en Syrie et dans la Libye voisine.

Selon l'opposition, Ennahda est trop tolérant envers une tendance islamiste radicale en croissance qui a démontré sa propension à la violence dans le cadre de ses efforts pour inspirer une plus grande piété.

Avant la chute de son dictateur, la Tunisie était connue comme l'un des pays les plus séculiers du monde arabe.

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