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Les autorités grecques lancent un coup de force contre le parti l'Aube dorée

28/09/2013 10:29 EDT | Actualisé 28/11/2013 05:12 EST

ATHÈNES, Grèce - La police grecque a arrêté le leader du parti d'extrême-droite Aube dorée et d'autres membres importants de cette formation politique, samedi, dans le cadre d'une intensification de la répression gouvernementale à la suite d'un meurtre à l'arme blanche qui aurait été commis par un partisan.

Il s'agit de la première occasion, depuis 1974, où des députés du Parlement sont arrêtés. L'opération souligne les efforts gouvernementaux pour s'attaquer au parti fortement opposé à l'immigration, qui se trouve de plus en plus sur la défensive depuis l'assassinat.

Les autorités ont annoncé l'arrestation de 17 membres de l'Aube dorée en vertu d'accusations d'avoir formé une organisation criminelle, y compris le chef Nikos Michaloliakos, le porte-parole du parti et trois autres députés. Des six députés ciblés, un seul est toujours en cavale.

Une opération de l'unité de contre-terrorisme était toujours en cours, samedi après-midi, avec l'émission d'un total de 32 mandats d'arrestation pour des membres du parti d'extrême-droite, on fait savoir deux responsables policiers.

«Il s'agit d'une réponse sans précédent à une organisation néo-nazie», a indiqué à l'Associated Press le porte-parole gouvernemental Simos Kedikoglou, laissant entendre que les coups de filet de samedi étaient le point culminant d'une longue stratégie pour traiter l'Aube dorée comme une force criminelle, et non politique.

«Le premier ministre et le gouvernement étaient déterminés à s'occuper de l'Aube dorée en passant seulement par le système judiciaire... Nous avons réussi à leur retirer leur couverture politique et à traiter leur cas comme ils sont vraiment, soit comme une organisation criminelle», a dit M. Kedikoglou.

Le gouvernement a ordonné une enquête sur les activités de l'Aube dorée après que la mort du rappeur Pavlos Fyssas, le 18 septembre, eut déclenché la colère de la population. Le suspect arrêté en lien avec le meurtre a admis à la police qu'il avait poignardé l'homme de 34 ans, et s'est identifié comme un partisan de l'Aube dorée. La police a examiné ses données d'utilisation de son téléphone cellulaire, ainsi que celles de plus de 300 personnes liées à l'Aube dorée.

Ces enquêtes ont été étendues à la police, qui a été accusée, par le passé, d'avoir ignoré la violence du parti d'extrême-droite et d'avoir maltraité des immigrants. Un policier a d'ailleurs lui aussi été arrêté samedi.

L'affaire est traitée par la Cour suprême grecque et une unité anti-terroriste en vertu des lois sur le crime organisé.

Malgré les arrestations, les députés de l'Aube dorée conservent leurs sièges à moins d'être reconnus coupables d'un crime. Le parti compte 18 des 300 députés du Parlement, après avoir remporté près de 7 pour cent des voix lors des élections générales de l'an dernier.

Le parti a nié avec véhémence avoir eu un rôle à jouer dans le meurtre, mais celui-ci a semblé sapé ses appuis au sein de la population. Alors que les appels à une riposte policière se faisaient entendre, le parti a laissé entendre que ses députés pourraient démissionner pour provoquer des élections dans 15 circonscriptions.

«Il n'y aura pas d'élections, certainement pas des élections générales», a rétorqué M. Kedikoglou. Interrogé à propos de la possibilité de tenir des élections partielles si les députés de l'Aube dorée démissionnaient, il a précisé qu'«il existait aussi des façons de gérer cela».

«Justice, stabilité, pas d'élections», a lancé le premier ministre Antonis Samaras, alors qu'il partait vers l'aéroport pour entamer un voyage de six jours aux États-Unis.

Dans un message texte envoyé à la presse, l'Aube dorée a signifié sa colère face aux arrestations. «Nous demandons à tous d'appuyer notre lutte morale et juste contre le système corrompu. Venez tous à nos bureaux!», est-il écrit.

Un autre message texte a par la suite demandé aux partisans de se diriger «dans le calme» vers le quartier général de la police. Un groupe d'environ 100 personnes, dont plusieurs députés, s'y sont réunis, se tenant sur le trottoir de l'autre côté du bâtiment.

Ancienne organisation marginale aux racines néo-nazies, l'Aube dorée est entrée au Parlement pour la première fois en mai 2012, en tirant parti de la profonde crise financière grecque, de la hausse de la criminalité et des opinions xénophobes.

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