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Adonis Stevenson donne une leçon à Tavoris Cloud et conserve son titre

28/09/2013 11:12 EDT | Actualisé 28/11/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Adonis Stevenson (22-1, 19 K.-O.) a signé une victoire convaincante face à Tavoris Cloud (24-2, 19 K.-O.) et a défendu pour la première fois son titre de champion du monde des mi-lourds du WBC par K.-O. technique, samedi, devant 9122 spectateurs réunis au Centre Bell, dont Tony Bellew, l'adversaire obligatoire pour sa prochaine défense..

L'entraîneur de Cloud, Al Bonnani, a demandé à l'arbitre Michael Griffin de stopper le combat après le 7e round. Ouvert aux deux yeux, l'Américain de 31 ans saignait abondamment et avait du mal à voir venir les coups de son adversaire.

Stevenson venait de livrer deux rounds sans faille. Au sixième, après que Cloud l'eût atteint de sa meilleure droite au visage de la soirée, Stevenson a pincé Cloud d'un solide direct du gauche. En difficultés dans le coin, Cloud a dû essuyer un long assaut, qui s'est conclu par un lourd uppercut au corps.

Au septième, Stevenson a repris là où il avait laissé à la fin du sixième, envoyant Cloud dans les câbles d'un percutant crochet du gauche, qui l'a coupé à l'arcade sourcilière droite. La gauche avait été tailladée au quatrième.

«Ce qu'Adonis a démontré (samedi), c'est une grande intelligence de la boxe, a indiqué Yvon Michel, président de GYM. Jumelée à une force de frappe comme celle d'Adonis, ça fait qu'il a battu un pur boxeur, celui que plusieurs considéraient comme le plus talentueux de la division. Il a passé le K.-O. à celui qui était considéré comme le plus dur de la division. Il n'y a plus personne qui pourra dire qu'Adonis n'a pas battu des boxeurs de grands niveaux.

«Don King m'a dit qu'un boxeur comme Adonis, ça ne passe qu'une fois dans la vie d'un promoteur et de bien en profiter.»

À sens unique

Stevenson avait commencé son travail de destruction dès le premier assaut, touchant solidement l'oeil gauche de Cloud, qui était déjà tuméfié après les premières minutes. L'Américain n'a pas été capable de toucher une seule fois Stevenson de façon convaincante dans ce round.

Si Cloud a été meilleur au deuxième, Stevenson a tout de même placé les meilleurs coups de puissance, tout comme au troisième.

À la suite du quatrième round, de nouveau dominé par la puissance du Québécois, Cloud a compris qu'il ne remporterait pas une décision, le forçant à ouvrir la machine. Mal lui en pris. Pour chaque coup qu'il a placé, Stevenson a répliqué en double, voire même en triple, jusqu'au fatidique septième round.

Les trois juges avaient Stevenson en avance 70-63 sur leurs cartes à ce moment.

«J'ai fait ce que j'avais à faire, de la boxe de base, a analysé Stevenson, aussi frais qu'avant d'embarquer dans le ring. Les gens l'ont vu: j'ai fait des rounds. Comme je l'avais dit, il allait tomber tout seul. Cette fois, c'est son coin qui a arrêté le combat. Mais c'est un bon boxeur. Il est vraiment 'tough'.

«Je suis particulièrement fier de ce combat. J'ai fait beaucoup de travail au gymnase avec mon entraîneur, mais les gens ne pouvaient pas le voir, parce que je liquidais les boxeurs dans les premiers rounds. J'ai tout fait pour pouvoir boxer longtemps et c'est ce que j'ai fait.»

Cloud a dû subir des examens après le combat et ne s'est pas présenté devant les médias. C'est plutôt le coloré King, son promoteur, qui est venu proposer une explication.

«Je ne veux pas présumer de la décision qui a été prise, mais je crois que ça été fait dans le meilleur intérêt du boxeur. Tavoris dispose d'un coin expérimenté, je suis certain qu'ils n'ont pas pris cette décision sur un coup de tête.»

C'est la première fois de sa carrière que Cloud est stoppé par un de ses adversaires. Il s'agit de sa deuxième défaite consécutive. Il s'est incliné par décision unanime face à Bernard Hopkins, en mars dernier, lui cédant ainsi son titre de l'IBF.

«Nous affrontions Superman, mais nous n'avions pas de kryptonite», a imagé King.

Bellew peu impressionné

Rencontré après le combat, Bellew s'est dit peu impressionné.

«Avec ce que j'ai vu ce soir, je veux que le combat ait lieu à Montréal (ndlr: GYM aimerait possiblement le présenter à Québec, le 30 novembre), a-t-il dit. Je veux le battre devant ses partisans, devant ses parents et devant ses amis, chez lui, sur son terrain.»

GYM doit faire le point sur l'avenir de Stevenson dimanche matin.

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