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Résolution de l'ONU sur la Syrie: Obama salue une «énorme victoire»

27/09/2013 01:37 EDT | Actualisé 27/09/2013 02:01 EDT
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NEW YORK, NY - SEPTEMBER 24: U.S. President Barack Obama speaks with attendees during a luncheon for delegates and heads of state at the United Nations (U.N.) General Assembly on September 24, 2013 in New York City. Over 120 prime ministers, presidents and monarchs are gathering this week for the annual meeting. (Photo by Spencer Platt/Getty Images)

Un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie aura lieu vendredi soir à New York. La réunion du Conseil est prévue à 20h, a précisé la présidence du Conseil, au lendemain de l'annonce d'un accord sur une résolution encadrant la destruction de l'arsenal chimique du régime syrien de Bachar al-Assad.

Barack Obama a qualifié vendredi "d'énorme victoire pour la communauté internationale" l'accord sur une résolution à l'ONU encadrant la destruction de l'arsenal chimique du régime syrien, dont il a toutefois mis en doute la sincérité.

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"C'est quelque chose que nous voulions depuis longtemps", a expliqué le président des Etats-Unis dans le Bureau ovale où il venait de recevoir le Premier ministre indien Manmohan Singh, et quelques heures avant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au dossier syrien.

M. Obama a assuré que la résolution et le projet de démantèlement de l'arsenal chimique de Damas étaient "contraignants d'un point de vue juridique" et "vérifiables".

"Soyons réalistes, je pense que nous n'en serions pas arrivés là sans menace digne de foi d'(avoir recours) à la force" contre le gouvernement de Bachar al-Assad, a encore dit le président américain, qui avait in extremis décidé de donner une chance à une initiative diplomatique russe pour tenter de résoudre cette crise.

M. Obama a aussi reconnu que l'inquiétude persistait sur la sincérité du gouvernement de Damas. "Les gens ont à raison des doutes sur le fait de savoir si le régime Assad respectera ses engagements", a-t-il dit.

"Il existe aussi des inquiétudes légitimes sur la façon dont nous allons atteindre ces armes chimiques alors que des combats ont toujours lieu" en Syrie, théâtre d'une guerre civile meurtrière depuis début 2011, a concédé le dirigeant américain.

Paris se félicite d'une résolution contraignante

La France s'est félicitée vendredi de la résolution sur la Syrie dont l'adoption est attendue dans la soirée à New York à l'ONU, soulignant qu'avec ce texte, les Russes "engagent leur crédibilité".

"Dans cette affaire, les Russes engagent leur crédibilité", a affirmé un diplomate français sous anonymat. "Ils ont été obligés de faire pression sur Bachar al-Assad pour qu'il accepte quand même une pilule assez amère à avaler pour lui. Si maintenant Bachar al-Assad se livre à un certain nombre de contournements, d'évitements pour ne pas démanteler son arsenal, il n'y aura pas forcément la complicité russe. On peut espérer qu'ils seront relativement rigoureux", explique-t-on à Paris.

Pour un autre diplomate, "les Russes n'ont pas intérêt à se livrer à des manoeuvres de retardement systématique, c'est leur intérêt de montrer qu'ils sont de bonne foi".

"Il y a un mois ou même trois semaines encore, on aurait eu ce projet de texte sur la table, personne n'y aurait cru", a-t-on aussi souligné de source diplomatique à Paris.

"On estime qu'on a obtenu satisfaction sur trois exigences", a-t-on fait valoir de même source : la possibilité pour le Conseil de sécurité de se saisir de la question des armes chimiques syriennes à tout moment, la responsabilité devant la justice des auteurs du massacre chimique du 21 août, et la référence explicite au chapitre 7 de la charte des Nations unies qui prévoit des conséquences pour celui qui ne respecterait pas ses engagements.

"C'est la première résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie depuis deux ans et demi. On ne peut qu'y voir un lien avec le fait que la France a fait preuve d'une grande fermeté", a noté un conseiller de la présidence.

Avec une telle résolution, "on peut espérer que d'ici au 30 juin on sera débarrassé" de l'arsenal chimique syrien, a-t-on souligné également.

Selon la diplomatie française, "tout l'esprit, le langage de cette résolution est d'esprit chapitre 7", même si "la mise en oeuvre" de ce chapitre "demandera une autre résolution".

Le chapitre 7 de la Charte des Nations unies autorise le recours à la force en cas de non-respect d'une résolution.

La France s'est aussi félicitée du volet de la résolution sur la transition politique en Syrie qui prévoit "l'établissement d'un organe gouvernemental transitoire exerçant les pleins pouvoirs exécutifs" et qui "pourrait inclure des membres du présent gouvernement et de l'opposition".

Pour Paris, il faut "essayer d'enchaîner vite sur la solution politique car le contrôle des armes ne règle pas la crise syrienne. La guerre continue, la situation continue de se détériorer, devient de plus en plus volatile et les options politiques se raréfient. Donc il y a urgence certainement".

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