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Les armes chimiques en Syrie seront sécurisées et détruites, confirme l'ONU

27/09/2013 07:28 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté unanimement en faveur de la destruction des armes chimiques de la Syrie, une décision importante visant à faire disparaître les gaz toxiques du champ de bataille où fait rage une violente guerre civile depuis plus de deux ans et demi.

Le vote de vendredi, survenu après deux semaines de négociations, représente une percée majeure dans l'impasse dans laquelle était plongé le Conseil depuis l'éclatement du conflit. La Russie et la Chine ont précédemment imposé leur droit de veto à trois résolutions ayant reçu l'appui de l'Occident qui visaient à faire pression sur le régime du président syrien Bachar el-Assad pour mettre fin à la violence.

«La résolution historique d'aujourd'hui est la première nouvelle positive sur la Syrie depuis longtemps», a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon aux membres du conseil, immédiatement après le vote.

M. Ban a toutefois indiqué que le fait de faire disparaître les armes chimiques du conflit syrien «n'était pas un permis de tuer sans discrimination avec des armes conventionnelles».

Le secrétaire d'État américain John Kerry a souligné que la résolution «forte, applicable et sans précédent» démontre que la diplomatie peut être si puissante «qu'elle peut détruire les pires armes de guerre». M. Kerry a mentionné que la destruction des arsenaux chimiques syriens débuterait en novembre, pour se terminer au milieu de 2014.

Pour la première fois, le Conseil a endossé la feuille de route pour une transition politique en Syrie déjà adoptée par plusieurs pays en juin 2012, et a réclamé la tenue d'une conférence internationale à être convoquée «le plus rapidement possible» pour la mettre en place.

M. Ban a précisé que la date cible de cette conférence de paix à Genève serait la mi-novembre.

La résolution annonce des conséquences si la Syrie refuse d'obéir, mais celles-ci dépendent de l'adoption d'une autre résolution qui serait votée par le conseil en cas de non-respect des premières dispositions. Cela donne à la Russie, un allié d'El-Assad, la capacité d'empêcher l'imposition de toute sanction.

L'entente sur les armes permet le début des travaux visant à faire disparaître près de 1000 tonnes d'armes chimiques d'ici le milieu de 2014, accélérant un processus qui nécessite habituellement plusieurs années.

«Nous prévoyons avoir une première équipe sur le terrain la semaine prochaine», a déclaré Michael Luhan, un porte-parole de l'agence anti-armes chimiques.

Les récentes tractations diplomatiques ont fait suite à une attaque chimique lancée le 21 août qui a causé la mort de centaines de civils dans une banlieue de Damas, et aux menaces de frappes américaines prononcées par le président Barack Obama.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait savoir que son pays participerait aux efforts de destruction des armes chimiques syriennes. Moscou et Washington sont toutefois à couteaux tirés sur la question d'un éventuel recours au Chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui ouvre la voie à une intervention militaire en cas de non-respect de la résolution.

Signe de l'ampleur de la tâche, l'agence anti-armes chimiques de l'ONU a lancé un appel aux dons, disant devoir embaucher davantage d'inspecteurs et d'experts en armes chimiques.

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