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De nouvelles violences au Soudan auraient fait au moins 50 morts

27/09/2013 09:32 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST
AP
Sudanese anti-government protesters chant slogans after the Friday noon prayer in the Omdurman district of northern Khartoum, Sudan, Friday, Sept. 27, 2013. Security forces opened fire on Sudanese protesters Friday, witnesses said, as thousands marched through the streets of the capital in an opposition push to turn a wave of popular anger over fuel price hikes into an outright uprising against the 24-year rule of President Omar al-Bashir. (AP Photo/Khalil Hamra)

KHARTOUM, Soudan - Les forces de l'ordre soudanaises auraient ouvert le feu contre des manifestants quand des milliers de personnes sont descendues dans les rues, vendredi, alors que l'opposition tente de transformer la colère populaire suscitée par la hausse du prix du carburant en soulèvement contre le régime du président Omar el-Béchir.

La répression policière aurait fait au moins 50 victimes depuis le début de la semaine. Les manifestations sont en voie de devenir la plus importante contestation domestique jamais rencontrée par El-Béchir, qui a jusqu'à présent échappé aux troubles qui ont chassé du pouvoir plusieurs dictateurs du monde arabe depuis deux ans.

El-Béchir est de plus en plus isolé. L'économie est en perte de vitesse, surtout depuis que le Soudan du Sud a accédé à l'indépendance en 2011, emportant avec lui les principales réserves pétrolières du pays. Des groupes sécessionnistes armés sont actifs en différents endroits, et El-Béchir lui-même fait l'objet d'un mandat d'arrestation de la Cour pénale internationale en lien avec le conflit en 2003 dans la région du Darfour.

Les manifestants sont descendus dans les rues après les prières du vendredi dans la capitale, Khartoum, et dans au moins une autre ville, celle de Wad Madani. Au moins une personne serait tombée sous les balles des forces de l'ordre.

Une foule est partie d'une mosquée d'Omdurman, un des quartiers chauds de Khartoum et un des chateaux-forts de l'opposition. Des forces de l'ordre armées de mitrailleuses lourdes ont gardé un oeil sur les manifestants.

Les résidants ont érigé des petites barricades pour empêcher les forces de l'ordre d'intervenir. La police a répliqué avec des gaz lacrymogènes, des balles de caoutchouc et des balles réelles pour empêcher les manifestants de traverser le Nil et se rendre au coeur de Khartoum.

Le ministre de l'Intérieur, Ibrahim Mahmoud, a indiqué vendredi que quelque 600 personnes ont été arrêtées pour «sabotage» depuis le début de la semaine et qu'elles seront traduites en justice.

Plusieurs quotidiens ont été interdits de publication et des médias soudanais en ligne rapportent qu'on les a empêchés de couvrir les manifestations. Les bureaux de Khartoum de la station saoudienne Al-Arabiyah ont aussi été fermés.

L'opposition avait organisé les manifestations de vendredi en réponse à la répression policière. Les premières démonstrations ont éclaté quand le prix du carburant a pratiquement doublé après l'abolition d'une subvention gouvernementale.

Le bilan de 50 morts a été avancé jeudi par Amnesty International et par le Centre africain d'études sur la justice et la paix. Des militants affirment plutôt que 100 personnes ont été tuées depuis lundi, dont certaines qui auraient été abattues au moment où elles tentaient de s'enfuir.

Les émeutes se sont peu à peu transformées en appel à l'expulsion du président El-Béchir, qui dirige le pays depuis plus de vingt ans.

Le Soudan peine à s'approvisionner en carburant depuis l'indépendance en 2011 du Soudan du Sud, une région riche en pétrole.

La première tentative du gouvernement soudanais de sabrer dans les subventions s'était soldée par des manifestations semblables, mais elles avaient été violemment matées par les autorités.

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