NOUVELLES

Conseil du statut de la femme: les membres gardent le silence sur les débats

27/09/2013 05:51 EDT | Actualisé 27/11/2013 05:12 EST

QUÉBEC - Les membres du Conseil du statut de la femme (CSF) ont fui les médias, vendredi, au terme de leur première assemblée depuis les nominations controversées du gouvernement péquiste.

Le CSF a plutôt publié un communiqué dans lequel la présidente, Julie Miville-Dechêne, vante les «échanges constructifs» et la «confiance mutuelle» qui animent l'organisme-aviseur.

Mme Miville-Dechêne, peut-on lire, «tient à préciser que chacune des membres peut compter sur sa pleine confiance, incluant les nouvelles membres» et qu'elle «n'a jamais douté» des «compétences et de l'engagement féministe» des candidates retenues.

«Les membres du Conseil possèdent l’intégrité et l’indépendance requises pour exercer pleinement leur rôle au sein de l'organisme. Le Conseil affirme son intention d'agir collectivement dans tous les débats sociaux pour l'avancement de l'égalité entre les femmes et les hommes, incluant l'enjeu de la laïcité au Québec», poursuit le communiqué.

Il s'agit d'un changement de ton plutôt abrupte. La semaine dernière, Mme Miville-Dechêne dénonçait publiquement «un accroc sérieux à l’indépendance de l’organisme qu’elle dirige» avec la nomination, par le conseil des ministres, de quatre nouvelles membres sympathiques au projet péquiste de charte des valeurs québécoises.

En faveur d'une étude pour mesurer l'impact de l'interdiction des signes religieux chez les femmes de la fonction publique, la présidente reprochait au gouvernement d'avoir noyauté le CSF pour court-circuiter les débats internes sur cette question et obtenir un avis favorable à la charte.

Commencée en matinée, l'assemblée du CSF s'est terminée en milieu d'après-midi. Les nombreux journalistes qui attentaient les membres à la sortie de l'immeuble de la Place d'Youville à Québec pour recueillir leurs commentaires ont essuyé un refus ou ont dû se contenter de banalités. Le mot d'ordre de garder le silence à été entendu.

D'ordinaire prolixe, la leader syndicale Lucie Martineau, l'une des quatre recrues à l'origine de la controverse, a donné le ton.

«On a passé une belle journée, on a eu des échanges fructueux, tout est marqué sur le communiqué», a-t-elle dit, empressée d'en finir avec la meute de journalistes qui la pourchassaient.

Julie Latour, une autre nouvelle membre, n'a pas été plus loquace. Elle a précisé que le débat sur l'opportunité de mener des études sur les effets de la charte n'est pas terminé.

«Nous n'avons pas encore terminé nos échanges sur le sujet, mais tout est positif», a-t-elle dit.

PLUS:pc