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La survie de BlackBerry plus incertaine que jamais

27/09/2013 12:54 EDT
AP
Thorsten Heins, president and CEO at BlackBerry speaks at Research In Motion's annual conference, Tuesday, May 14, 2013, in Orlando, Fla. Heins said Tuesday that the time is right to offer BBM on rival devices. He says iPhone and Android versions will be available for free. (AP Photo/John Raoux)

Mise en vente, perte de près d'un milliard de dollars et licenciement de quatre salariés sur dix: le groupe BlackBerry cherche à se sauver mais la menace de sa disparition plane.

L'avenir de l'entreprise canadienne est d'autant plus incertain qu'elle a confirmé vendredi les résultats désastreux pour son deuxième trimestre et que certains doutent des chances de concrétisation de son rachat annoncé en début de semaine.

L'ancienne icône de la technologie des télécoms, qui a essuyé une perte de 965 millions de dollars au deuxième trimestre de son exercice, a prévu le licenciement de 4 500 personnes.

Alors que sa situation semblait plus désespérée que jamais, BlackBerry a surpris les marchés lundi en signant une "lettre d'intention" en vue de son rachat par un consortium mené par le fonds privé d'investissements canadien Fairfax Financial le valorisant à 4,7 milliards de dollars.

Fairfax, principal actionnaire de BlackBerry avec 10% des actions, envisage de retirer BlackBerry de la Bourse pour permettre à l'entreprise de se réorganiser sereinement à l'abri de la pression des marchés.

La proposition à 9 dollars l'action, qui court jusqu'au 4 novembre, a été accueillie fraîchement car cette offre est conditionnelle à l'obtention du financement pour le rachat, sans aucune obligation pour Fairfax de faire une offre en bonne et due forme.

En bourse, l'action s'est repliée toute la semaine, signe que le marché doute de la concrétisation de ce rachat. L'action BlackBerry ne cotait qu'un peu plus de 8 dollars vendredi sur la Bourse électronique du Nasdaq.

"Compte tenu du fait que Fairfax tente de réunir un consortium, les chances d'une surenchère sont minces, d'autant que les termes sont favorables à Fairfax dans sa lettre d'intention", indiquait jeudi l'analyste Colin Gillis de la firme BGC. Ce dernier craint une détérioration accrue de la situation financière de BlackBerry pendant les six semaines restant avant l'expiration de la proposition.

Pas de vente à la découpe

"Malgré quelques éléments positifs, nous nous attendons à ce que la compagnie continue de brûler ses liquidités et ne voyons pas en quoi le processus actuel de vente de la société favorisera l'augmentation de ses ventes. Les mois à venir semblent sombres pour l'entreprise", a-t-il dit.

Si BlackBerry dispose encore de 2,6 milliards de dollars de trésorerie, il en a déjà grillé 500 millions en trois mois, selon les chiffres publiés vendredi.

Un point positif: le groupe n'est pas endetté, a souligné le patron de BlackBerry Thorsten Heins.

En réponse aux sceptiques, Prem Watsa, le président de Fairfax, répète qu'il ne manque pas de partenaires potentiels et qu'il réunira facilement le financement nécessaire.

"Nous en aurons plus qu'il n'en faut", a-t-il déclaré dans une interview vendredi au quotidien canadien Globe and Mail. "Il y a un très grand intérêt" pour notre proposition.

"Notre offre est définitive", a-t-il dit en excluant un retrait de sa proposition ou une vente à la découpe de la société.

"Fairfax veut créer l'incertitude, c'est clair. Il ne peut pas dire j'ai tout le financement: dès qu'il va dire ça, les enchères vont monter. Alors il ne met pas toutes ses cartes sur la table, c'est un jeu de poker", estime Carl Simard, gestionnaire de fonds de placement chez Medici et spécialisé dans les technologies.

Celui-ci croit que Fairfax n'est qu'un acquéreur "intermédiaire" et que l'acquéreur "stratégique" qui se profile derrière est tout simplement Samsung, au moment où le modèle qui se confirme dans l'industrie et qui vient d'être entériné par Microsoft avec le rachat des téléphones Nokia est celui "où l'appareil est complètement intégré avec le logiciel, ainsi que les services pour la création d'un écosystème".

"Et Samsung, poursuit-il, n'aura pas d'autre choix" que de racheter BlackBerry et ses logiciels, "parce qu'il ne contrôle pas le cerveau de son appareil. Il est le seul aujourd'hui des quatre (grands avec Apple, Google et Microsoft) à ne pas contrôler son système d'exploitation". Samsung utilise le système Android de Google.

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