En cavale depuis le 14 septembre dernier, le Hells Angel René Charlebois a été trouvé mort dans une maison de l'île aux Fantômes, à Sainte-Anne-de-Sorel, en Montérégie.

Originaire de la région de Sorel, René Charlebois s'était retranché dans une maison située sur une île inaccessible aux véhicules motorisés. Seul un petit pont de bois donnait un accès à la petite île pour les piétons.

Munis d'un mandat d'arrestation, des enquêteurs et une équipe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec (SQ) se sont présentés à cette résidence, à 1 h 15 jeudi matin, dans le but de l'arrêter. C'est à ce moment qu'ils ont trouvé le corps de l'individu recherché.

René Charlebois se serait suicidé, selon l'hypothèse avancée par des enquêteurs.

La mort d'un homme au cours de l'opération menée par la Sûreté du Québec a entraîné automatiquement le déclenchement de la politique ministérielle en de telles circonstances. L'escouade des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mène ainsi l'enquête en raison de l'implication de la SQ.

Les enquêteurs du SPVM devront donc interroger tous ceux qui ont participé à l'opération pour déterminer les circonstances entourant le décès.

L'ancien inspecteur de la SQ Michel Martin a expliqué sur les ondes de RDI que l'opération entreprise par les policiers était difficile. Le suspect se trouvait dans un endroit isolé, une île inaccessible aux véhicules, où il était facile de voir venir les policiers. L'obscurité compliquait davantage l'opération, explique M. Martin, en réduisant la visibilité et en forçant l'utilisation d'équipement de vision nocturne.

René Charlebois s'est évadé du pénitencier de la Montée Saint-François, à Laval. Le détenu de 48 ans était un proche de l'ancien chef des Hells Maurice « Mom » Boucher. Il avait été à l'avant-scène de la guerre des motards dans les années 1990.

Il avait plaidé coupable à une accusation de meurtre non prémédité en 2004 relativement à la mort de Claude DeSerres, un informateur de police. Il purgeait une peine de prison à vie avec un minimum de 15 ans. Il aurait été admissible à une libération conditionnelle en 2016.

En 2003, il avait plaidé coupable à des accusations de complot pour meurtres, de gangstérisme et de trafic de drogue. Il avait été condamné à 20 ans de prison pour ces crimes. Charlebois s'est fait connaître du grand public, peu avant l'opération Printemps 2001, lorsque son mariage célébré avec faste avait mis en vedette Ginette Reno et Jean-Pierre Ferland.