DIVERTISSEMENT

«Fou», de Dominic et Martin : une folie bien douce

26/09/2013 09:21 EDT | Actualisé 26/09/2013 11:40 EDT
Courtoisie

Le duo Dominic et Martin était dans une forme splendide, mercredi, lorsqu’il est monté sur la scène du Théâtre St-Denis pour la première médiatique de son nouveau spectacle, Fou. Absents des salles québécoises depuis quatre ans, les gars étaient visiblement heureux de renouer avec leur public, qui leur rendait bien cet enthousiasme.

Et, pour ajouter à la bonne humeur générale, les deux humoristes ont offert une prestation très réussie. Une performance débridée, à se rouler par terre, qui rend justice à son titre à la seconde près? Non. Mais un divertissement sympathique, rassembleur, qui nous fait passer un vrai bon moment? Certainement. Sans nécessairement être incontournable, Fou se dessine comme l’un des événements à succès de la prochaine année. Plusieurs supplémentaires ont d’ailleurs été ajoutées à la tournée.

D’entrée de jeu, les deux gaillards ont mis à profit cette complicité qui les unit, nous l’ont-ils rappelé, depuis 20 ans, en se tirant joyeusement la pipe, comme ils ont l’habitude de le faire. Martin a sévèrement averti son acolyte de ne plus cabotiner à propos de son poids; Dominic a obéi… non sans laisser tomber quelques flèches, pour la forme, avant d’obtempérer. Ils ont ensuite déliré autour du thème de la folie, pour expliquer le nom de leur nouvelle création. On a ainsi eu droit aux gaffes de jeunesse de Dominic, à une nomenclature rythmée de quelques expressions célèbres contenant le mot «fou», et à la perception qu’entretiennent les deux hommes devant les manies hors-normes de leur entourage.

Apocalypse et complots

Le tandem a ensuite enchaîné en se moquant des passionnés de la période médiévale. La commande de Martin au service à l’auto d’un McDonald’s, débitée dans le langage propre à cette époque, était songée et très à-propos. Ont suivi des segments, très rigolos, sur les maladies et sur l’éducation des enfants, d’hier à aujourd’hui.

Les deux meilleurs numéros de la soirée sont venus juste avant l’entracte. D’abord, en imaginant se retrouver seuls sur terre après l’apocalypse, Dominic et Martin ont divagué sur les projets les plus saugrenus qu’ils mettraient à exécution. Là, comme tout au long du spectacle, d’ailleurs, Dominic a hérité des réparties les plus vives.

Puis, dans une atmosphère presque glauque, on s’est amusé des différentes théories du complot qui circulent depuis des années, concernant notamment le végétarisme et la supposée mort de Paul McCartney. «Si les vaches ne voulaient vraiment pas qu’on les mange, elles se défendraient plus que ça», a martelé Dominic. Dans une noirceur totale, avec leurs seuls visages éclairés de blanc ou de rouge, les comiques ont échafaudé des explications loufoques aux légendes urbaines les plus tenaces. Et si Paul McCartney était réellement décédé, et que Marc Dupré se faisait passer pour lui depuis ce temps? Après tout, les deux chanteurs n’ont jamais été au même endroit, au même moment…

Finale décevante

Si la première partie de Fou défile à une vitesse surprenante, la seconde portion s’essouffle un peu, mais ce n’est pas par manque d’entrain de nos vedettes, qui jasent avec cœur d’innovation, du temps qui passe, du sexe qu’on trouve maintenant un peu partout. On s’est bidonnés allègrement avec ce savoureux clin d’œil au chef Louis-François Marcotte et à sa façon très sensuelle de cuisiner.

«Louis-François Marcotte, il farcit une dinde et il capable de trouver son point G!»

Un peu plus tard, Colette Provencher a aussi eu droit à son heure de gloire et, on ne saurait trop expliquer comment c’est arrivé, mais Dominic est parvenu à se déhancher au son de Gangnam Style.

Malheureusement, le tour de piste s’est conclu sur une note plutôt ordinaire, avec une parodie d’artistes musicaux, «Martin et le gars Fuck all». Les deux personnages ont interprété des tubes des années 1980, cette époque où «le spray net faisait partie des quatre groupes alimentaires.» On a ainsi eu droit à des relectures éclatées de Sunglasses At Night et Il y a de l’amour dans l’air. Très long et faible, même si le parterre a semblé apprécier.

La mise en scène de Fou, assurée par Guy Jodoin, est très sobre, mais ne manque tout de même pas de dynamisme, avec les trois immenses lettres du mot «fou» qu’on déplace sans arrêt pendant la présentation. Assorti d’une musique entraînante entre les changements de sujets, le procédé constitue une jolie trouvaille, qui se marie bien aux blagues de type stand up que nous servent Dominic et Martin.

Dominic et Martin présenteront Fou les 27 et 28 septembre, au Théâtre St-Denis, puis prendront la route de Québec, Granby, Brossard, Ste-Thérèse et Ste-Marie de Beauce. Toutes les dates sont disponibles au ici

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