POLITIQUE

Commission Ménard: retour sur l'émeute de Victoriaville

26/09/2013 04:04 EDT | Actualisé 26/11/2013 05:12 EST
PC

MONTRÉAL _ L'émeute de Victoriaville a été au coeur du témoignage du directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), qui a fait jeudi le post-mortem de l'implication de ses troupes dans la plus explosive des 473 manifestations où la SQ a été appelée à intervenir.

Mario Laprise a passé le plus clair de son temps à revenir sur l'émeute qui a éclaté le 4 mai 2012, affirmant devant la Commission spéciale d'examen sur les événements du printemps 2012 (CSEEP) que les policiers de la SQ avaient été sidérés de constater le niveau de violence, de "fureur" et de "brutalité" en arrivant sur les lieux.

Pendant la violente manifestation, qui a fait plusieurs blessés dans le camp des protestataires, la police provinciale a largué 252 bombes lacrymogènes et tiré 33 balles en plastique.

Vers la fin du témoignage, qui aura duré environ une heure, la commissaire Claudette Carbonneau a cuisiné Mario Laprise, l'interrogeant sur le contexte dans lequel auraient été tirés certains de ces projectiles.

Elle a révélé au chef de police que des ambulanciers avaient témoigné, devant la CSEEP, que des coups avaient été tirés alors que l'opacité du nuage de gaz qui flottait les empêchait de repérer leur véhicule _ dont les gyrophares étaient pourtant allumés.

Mario Laprise a assuré que des "directives très strictes" encadrent le recours à ce type d'armes, mais n'a pu valider le témoignage évoqué par Mme Carbonneau.

La CSEEP une "mauvaise blague"

Quelque temps avant le témoignage de Mario Laprise, un groupe social proposait la mise sur pied d'une Commission populaire sur la répression politique (CPRP), sous prétexte que la CSEEP est "une mauvaise blague".

Selon l'Association pour la Liberté d'Expression (ALE), la Commission Ménard est incapable "de faire la lumière sur le phénomène de la répression politique".

Les audiences de la Commission spéciale d'examen sur les événements du printemps 2012 (CSEEP) se déroulent présentement à Montréal.

Mercredi, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Marc Parent, a affirmé devant les commissaires Serge Ménard, Claudette Carbonneau et Bernard Grenier que ses policiers avaient accompli un "travail remarquable" pendant la crise étudiante du printemps 2012.

Plusieurs acteurs de premier plan du printemps étudiant, dont l'Association pour une solidarité syndicale étudiante et la Fraternité des policiers de Montréal, ont refusé de prendre part à l'exercice.

Le gouvernement de Pauline Marois a annoncé la création de la commission en mai dernier. Son mandat est d'analyser le travail des forces de l'ordre pendant la crise étudiante.

L'écrivain et professeur de science politique Francis Dupuis-Déri doit agir à titre de commissaire de la CPRP.

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