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Accord de libre-échange: Manley prévient l'UE sur les conséquences d'un échec

26/09/2013 09:17 EDT | Actualisé 26/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - Le patron du Conseil canadien des chefs d'entreprise prévient l'Union européenne que sa crédibilité serait en péril si les négociations entre le Canada et l'UE pour un traité de libre-échange devaient échouer.

Ce sera là l'essentiel du message que livrera John Manley, vendredi, lors de son passage en Irlande. Mais le discours s'adressera à tous les 28 pays membres de l'UE, alors que les négociations avec le Canada concernant cet accord sont désormais dans l'impasse, quatre ans après leur lancement. Les propos de M. Manley servent clairement de réplique à des commentaires tenus par de hauts dignitaires de l'UE, qui ont publiquement blâmé le Canada dans l'échec de la conclusion d'un accord au cours des derniers mois.

Selon M. Manley, la fin des négociations et l'avortement du traité de libre-échange discréditeraient l'UE, à la veille du début d'une autre ronde de négociations, cette fois-ci avec les États-Unis. Il a ajouté que cela pourrait même fournir des munitions aux partisans du retrait du bloc européen au Royaume-Uni.

En entrevue avec La Presse Canadienne jeudi, M. Manley a prévenu que le prix immédiat à payer, pour l'Europe, serait le message envoyé à d'autres partenaires commerciaux, incluant les États-Unis.

L'ex-ambassadeur de l'UE au Canada, Matthias Brinkmann, avait déclaré cet été que l'accord aurait pu être conclu en février mais que le Canada avait refusé d'y adhérer. M. Brinkmann avait lancé qu'il fallait «être deux pour danser le tango».

M. Manley, un ancien ministre libéral des Finances et des Affaires étrangères — tout aussi respecté du côté des conservateurs —, n'a pas hésité à servir cette même critique aux Européens.

«Nous serions tout à fait heureux de faire pression sur notre gouvernement pour conclure cette affaire, mais il faut être deux pour danser le tango», a-t-il rétorqué.

Le premier ministre Stephen Harper fait par ailleurs l'objet de pressions pour que ces négociations soient conclues le plus rapidement possible afin qu'il ait un accomplissement à son actif, lui qui a si longtemps vanté son gouvernement comme un ardent défenseur du libre-échange. Les négociations entre l'UE et les États-Unis devraient atteindre un important pallier en octobre, ce qui pourrait porter encore plus ombrage aux négociations avec le Canada, ce que l'UE ne manque pas de souligner.

Mais M. Manley souhaite faire comprendre à son audience européenne que la fin des négociations avec le Canada pourrait leur porter préjudice à eux aussi, et pas seulement qu'à Ottawa.

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