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Ultime recours en cour pour une famille de Laval menacée de déportation

25/09/2013 04:38 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - À quelques jours de la date prévue de leur déportation, les membres de la famille Alvarez Rivera, de Laval, originaires du Salvador, espèrent toujours rester au pays et font une ultime demande jeudi en Cour fédérale.

Si la Cour rejette leur requête, les parents et leurs trois filles devront quitter samedi.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, pourrait toutefois user de ses pouvoirs et octroyer à la famille le droit de rester.

Mais il aura alors moins de 48 heures pour agir.

Et le bureau du ministre reste muet à ce sujet, a affirmé mercredi la députée néo-démocrate Rosane Doré Lefebvre, qui s'occupe du cas de la famille qui habite sa circonscription. La famille se dit victime de menaces et d'extorsion de la part de gangs de rue dans son pays d'origine.

«Je pense que que ce serait vraiment une grave erreur de les renvoyer au Salvador», a déclaré la députée Doré Lefebvre.

Mercredi, le bureau du ministre Blaney n'a pas voulu confirmer si celui-ci allait intervenir, puisqu'il dit ne pas vouloir commenter de cas spécifiques.

Il a toutefois fait valoir que le processus avait été suivi.

«Une évaluation du risque a été effectuée par les experts responsables au sujet de leur pays d'origine. Nous les encourageons à respecter la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, tout comme le font les milliers d'immigrants qui viennent s'établir au Canada chaque année», a fait savoir un porte-parole du ministre, Jean-Christophe de le Rue.

Les membres de la famille se sont fait refuser leur demande de réfugiés parce que les autorités canadiennes ne les jugent pas suffisamment en danger, a rapporté Mme Doré Lefebvre.

De plus, la seconde demande des Alvarez Rivera, pour une révision de l'analyse effectuée sur les risques qu'ils courent s'ils sont déportés dans leur pays d'origine, a récemment été rejetée. Ils demandent donc à la Cour fédérale un sursis pour rester au Canada, en attendant que leur cause puisse être entendue à nouveau, notamment à la lumière de nouvelles preuves.

Dans un récent rapport, la police du Salvador estime que la sécurité de la famille est bel et bien menacée par des gangs de rue, et qu'elle n'est pas en mesure d'assurer leur protection, rapporte Mme Doré Lefebvre.

Toujours en attente, les Alvarez Rivera ont néanmoins dû acheter leurs billets d'avion pour samedi, a confié mercredi Rebeca, une des filles de la famille.

«Je suis triste. On ne sait pas ce qui nous attend là-bas», a-t-elle déclaré.

Elle se dit aussi inquiète, surtout qu'une nouvelle a été publiée au Salvador, qui annonce leur retour, a-t-elle indiqué.

«Ils savent qu'on va retourner. J'ai peur de ce qu'ils vont vouloir faire», a-t-elle dit au sujet des gangs de rue.

La famille est arrivée au Québec il y a quatre ans.

Deux des jeunes filles, Rebeca, 17 ans, et Veronica, 14 ans, sont élèves dans une école secondaire de Laval, Mont-de-La-Salle.

Leurs collègues de classe font depuis des mois toutes sortes de démarches pour éviter la déportation des deux adolescentes et de leur famille.

Jeudi, pour attirer l'attention du ministre Blaney, tous les élèves quitteront leurs classes à 11 h pour faire un geste d'éclat devant leur école.

Les deux soeurs Alvarez Rivera étaient venues à Ottawa en juin dernier, accompagnées de plusieurs autres élèves de leur école, pour déposer une pétition en leur faveur au Parlement et pour demander au ministre de la Sécurité publique de permettre à la famille de rester au Canada. Les élèves avaient aussi organisé un envoi massif de cartes postales au ministre.

À la veille de l'audition en Cour fédérale, Rebeca disait toujours avoir de l'espoir.

Elle aimerait que le ministre les croie, elle et sa famille.

«Je voudrais qu'il soit sensible à notre cause, à notre histoire, et qu'il nous laisse rester ici», dit-elle.

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