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Syrie: des dizaines de groupes rebelles rejettent la principale opposition

25/09/2013 06:25 EDT | Actualisé 25/11/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Près d'une dizaine de puissantes factions rebelles de la Syrie, dont un groupuscule lié à al-Qaïda, ont officiellement claqué la porte du principal groupe d'opposition, mercredi, appelant à l'instauration de la loi islamique au pays et portant un sévère coup à la coalition appuyée par l'Occident.

La formation d'une telle alliance pourrait s'avérer un tournant majeur dans le conflit syrien, aggravant le schisme au sein de la rébellion et donnant raison au président Bachar el-Assad, qui affirme depuis le début de la guerre civile que son régime combat des islamistes extrémistes.

Le Conseil national syrien, basé en Turquie, représente le bras politique de l'Armée syrienne libre, formée de groupes rebelles, et a longtemps été accusé par ces combattants de n'être rien de plus que la marionnette des puissances occidentales et des États du golfe Persique.

La rupture publique de mercredi devrait avoir de lourdes conséquences pour l'avenir de la Syrie, à l'heure où Washington et Moscou tentent de planifier des négociations de paix entre les belligérants.

L'annonce survient par ailleurs moins de deux semaines après que la coalition eut élu un premier ministre intérimaire, Ahmad Touma. Ce dernier a reçu le mandat de remettre de l'ordre et d'instaurer une gouvernance dans les territoires détenus par l'opposition, qui ont sombré dans le chaos et les conflits internes.

De nombreux rebelles se sont radicalisés après avoir constaté que même une attaque à l'arme chimique ne mènerait pas à une intervention militaire des puissances occidentales contre le régime Assad. L'administration Obama, qui a accusé le gouvernement syrien d'avoir mené une attaque chimique contre des civils en banlieue de Damas le 21 août, n'a toujours pas sanctionné le régime.

Le rejet de l'autorité de la coalition survient également le jour de la rencontre entre une délégation du CNS et le secrétaire d'État américain, John Kerry, à New York. Cela coïncide également avec l'arrivée, à Damas, d'une équipe d'experts pour poursuivre l'enquête de l'ONU sur le recours à des armes chimiques dans le conflit.

On estime que plus de 100 000 personnes ont été tuées dans les hostilités depuis le début de la guerre civile en Syrie, en mars 2011.

L'insurrection a attiré un nombre croissant de djihadistes au fil du temps, ce qui n'a fait que refroidir les puissances occidentales dans leur volonté de mener une intervention militaire dans la région ou d'envoyer des armes de pointe aux rebelles.

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